Protéger faune et flore: des actions de toute nature

Magazine 841 - Septembre 2023

Devenue l’un des sept axes majeurs d’action du Rotary International, la protection de l’environnement motive de nombreux clubs à agir. Parmi la multitude de projets entrepris se détachent des initiatives en faveur de la faune et de la flore. Des implications sur le terrain où les membres retroussent leurs manches aux campagnes de sensibilisation, le Rotary s’active en faveur de la nature. TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

Image Protéger faune et flore: des actions de toute nature

Les 18 districts de France s’étaient unis au cours de l’année 2021-2021 dans l’opération « Un rosier, une ruche », encourageant les clubs à vendre des rosiers afin de soutenir des actions favorisant la pollinisation. Il s’agissait de sensibiliser la population à la diminution alarmante du nombre d’abeilles et des conséquences négatives sur les écosystèmes. Cette action s’est soldée notamment par le don de 2 000 ruches à travers le pays. Depuis, des clubs poursuivent des actions dans ce sens, souvent en partenariat avec des professionnels de l’apiculture.

 

La protection des abeilles se poursuit

 

La prolifération des frelons asiatiques est inquiétante dans la mesure où elle détruit beaucoup d’essaims d’abeilles. Pour cette raison, des clubs poursuivent des actions afin de détruire les frelons asiatiques en installant des pièges. C’est notamment le cas du Rotary club Lectoure Fleurance qui dirige une opération de piégeage de printemps, saison adéquate pour capturer des femelles fécondées en mesure de développer un nid. « Cette action évite le développement de ces frelons qui non seulement sont potentiellement dangereux pour l’homme mais sont surtout des prédateurs des abeilles et autres insectes pollinisateurs » souligne l’un des organisateurs. Préserver le potentiel pédagogique d’un rucher-école qui forme des dizaines d’apiculteurs par an est l’objectif de trois Rotary clubs des Landes  unis dans cette action. Le rucher-école de Castelvieilh (Hautes-Pyrénées) forme des apiculteurs amateurs et professionnels. Dans la mesure où celui-ci a mystérieusement perdu la totalité de ses ruches, les Rotary clubs Argelès Gazost, Lannemezan et le club Satellite Lannemezan-passeport lui ont fourni des essaims, aidés par une subvention du district 1700 ; le rucher-école est totalement reconstitué et continue de former en permanence des apiculteurs.

L’équilibre chez les insectes a une répercussion directe sur celui des oiseaux. Des clubs entreprennent des projets afin de protéger certaines espèces.

 

La protection des oiseaux

Des nichoirs fabriqués selon les recommandations de la Ligue de protection des oiseaux (LPO) sont installés le long d’un cours d’eau, par les membres du Rotary club Albi Lapérouse. Ces abris sont adaptés « aux passereaux dont on recense une centaine d’espèces susceptibles de nicher dans ce petit bois» explique Yannick Gayraud, du service jardin de la ville d’Albi qui a conduit l’installation des nichoirs aux endroits propices.
Cette action rappelle qu’avec quelques notions de bricolage, on peut fabriquer des nichoirs adaptés. Le manque de sites de nidification naturels peut être un obstacle à la reproduction des oiseaux nicheurs de notre environnement. Il est possible de leur donner un petit coup de pouce en équipant son jardin, son balcon, sa terrasse ou sa cour de nichoirs. Pendant l’hiver, il est recommandé de mettre des mélanges de graines afin que la saison soit moins rude pour les oiseaux. Toutes ces explications sont diffusées auprès des concitoyens.

La protection des oiseaux va de pair avec celui des arbres, et nombreuses sont les initiatives rotariennes en faveur du reboisement.

 

Des programmes de reboisement

L’un des programmes les plus ambitieux est actuellement mené par le Rotary club Abidjan Biétry dans la forêt classée d’Anguededou. Dans le cadre de la reconstitution du couvert forestier ivoirien, plus de 500 hectares sont en voie de reboisement. Djibril Secong, président du Rotary club Abidjan Biétry indique « que si le gouvernement a défini une politique ambitieuse de réhabilitation et de reconstitution de l'ensemble du couvert forestier ivoirien, les Rotariens estiment qu'un fort engagement de la société civile et des opérateurs économiques permettra d'atteindre plus efficacement les résultats ». Le reboisement de 500 hectares se divise en 300 ha de Teck (Gmelina) et 200 ha en essences locales (Néré, Karité) ; ce sont au total 420 000 plants « qui auront une répercussion positive sur la séquestration du carbone ainsi que sur le bien-être des populations locales » commente Arthur Assi, ancien président de ce club . Ce dernier explique que le financement de ce programme provient en partie d’un gala de prestige et de partenariats avec des entreprises. 

 

La Journée mondiale de lutte contre la désertification et la sécheresse, établie le 17 juin par l’Onu, sert de cadre à des actions de reboisement, telle que celle récemment réalisée au Bénin par les Rotary clubs Abomey Calavi et Cotonou Siké Colombe. Les Rotariens ont mis en terre des plants d’arbres, en présence de la population d’Akassato, invitée à les entretenir. En France, des plantations d’arbres sont également entreprises par des Rotariens. Cornouiller sanguin, néflier, noisetier, sureau noir sont des espèces plantées par les membres du Rotary club Albi Lapérouse. Il s’agit d’essences indigènes, sélectionnées pour leur traçabilité, de la récolte à la mise en terre, et qui ont obtenu la marque « végétal local ». Le  club fournit les plants qui forment une haie naturelle. « Nous avons franchi le cap du kilomètre de plantation de haie » explique Renaud de Saunhac, l’un des Rotariens mobilisés pour cette action qui se répète chaque année. Adaptés aux conditions climatiques et au sol, les arbrisseaux vont grandir sans intervention humaine. Comme souvent, ce type de projet est propice à la biodiversité.

 

Des créations de forêts favorisent la biodiversité

Une cagnotte participative, le soutien d’une vingtaine d’entreprises et la contribution de 200 bénévoles permettent l’enrichissement de la Forêt de l’homme sec, programme qui mobilise le Rotary club La Rochelle Aunis depuis plus de deux ans. Près d’un millier d’arbres, représentant 32 espèces adaptées au terrain et à l'évolution du climat, sont plantés à Périgny, commune proche de La Rochelle, qui a mis à la disposition des Rotariens une parcelle. Soutenu par le Rotary club contact anglais Falmouth, ce projet bénéficie d'une subvention mondiale de la Fondation Rotary, abondée par le district 1690. La Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) avait préalablement étudié la flore et la faune existante, une entreprise spécialisée avait effectuée gratuitement des analyses de sol et une entreprise partenaire avait réalisé un travail prospectif.

Protégée et sanctuarisée pour 99 ans, la parcelle de la Forêt de l’homme sec est consacrée à des rencontres festives, des sorties scolaires et des conférences, dans le respect d'une Obligation réelle environnementale (ORE), un acte notarié visant à la préservation de l'environnement. Cet espace est devenu un lieu d’observation et de préservation de la biodiversité. Chacun peut s'y promener, contempler la beauté de la nature et observer son évolution.

La microforêt urbaine créée par le Rotary club Mâcon reproduit le fonctionnement d’une forêt primitive. Elle se plante de manière très dense, de 3 à 5 plants au mètre carré. De cette manière, les arbres y grandissent 10 fois plus vite car ils se font concurrence. Une microforêt dégage beaucoup plus d’oxygène qu’une forêt traditionnelle, absorbe énormément plus de CO2 et est 100 fois plus riche en biodiversité. Le projet implique les élèves des écoles proches ou des jeunes des maisons de quartier à travers des actions spécifiques et pédagogiques ; il s’agit de les sensibiliser au respect de l’environnement en leur offrant un savoir-faire et un savoir-être par la découverte des végétaux. Ces jeunes participent aux plantations, aux désherbages, à l’arrosage et à l’entretien de cette parcelle. En s’impliquant, ils prennent concrètement conscience de la nécessité d’agir en faveur de la biodiversité.

Les Rotariens s’emploient dans de multiples actions à sensibiliser les jeunes aux questions de la préservation de la faune et de la flore.


Éduquer la jeunesse

 

Des écoliers jurassiens s’impliquent dans la plantation d’arbres fruitiers. La création de ce verger pédagogique est une initiative portée par le Rotary club Lons-le-Saunier qui fournit les plants destinés à un terrain mis à la disposition par la municipalité. Les enfants apprennent les bases de la nature, mais également celle de l’alimentation. En Guadeloupe, dans la continuité de l’action Récréafruit, initiée par le Rotary club Grande Terre Pointe des Châteaux pour contribuer à l’équilibre alimentaire des enfants – et qui a permis de distribuer chaque année sept tonnes de fruits frais locaux dans 19 écoles de l’archipel –, un éco jardin a été créé. « La finalité de cette action est d’installer un système d’aquaponie dans les établissements scolaires de Guadeloupe », explique Pascal L’Étang, responsable de la commission «actions » du club. Combinant l’aquaculture (élevage de poissons ou de crustacés) en symbiose avec l’hydroponie (culture hors-sol des plantes), ce projet consiste à éveiller le goût des élèves pour la science. Simple, ludique et accessible à tout âge, l’aquaponie permet d’explorer à la fois les
sciences de la vie et de la terre, la physique, la chimie, la technologie, la nutrition et  l’économie régénérative.

Les nombreuses actions entreprises par les Rotary clubs sur différents terrains ne doivent pas faire oublier des initiative dans le milieu aquatique.
 

La préservation de l’écosystème marin

 

Les habitants de Saint-Raphaël se retrouvent, à l’invitation du Rotary club de la ville, pour assister à l’inauguration du premier panneau pédagogique « Faune et flore » sur la plage de la Peguiere. Ce panneau décrit la fragilité des plantes des plages ainsi que de la faune sous-marine, et invite à leur respect.  Les neuf plages battant pavillon bleu de Saint Raphaël sont à présent équipées d’un panneau pédagogique correspondant aux spécificités de la flore et la faune locales. Sur les pancartes figurent les caractéristiques physiologiques et le milieu naturel de chaque espèce, ainsi qu’un petit quiz.

Des seiches, des ormeaux, des étoiles de mer rouges… ces mollusques et autres espèces sous-marines peuvent être observés sous la couche de posidonie de la plage. « Nous présentons ces êtres vivants et faisons en sorte que les habitants et les vacanciers apprennent à les connaître, afin qu’ils les respectent aussi. Notre rôle est de sensibiliser et protéger la biodiversité locale », rappelle Helmut Kuhrt, ancien président du Rotary club Saint-Raphaël.

 

Le 9 décembre se tiendra à Menton, à l’initiative du district 1730, le Forum pour la Méditerranée dont l’objet sera de sensibiliser chacun aux ravages causés par les plastiques dans la mer. Ce forum, organisé avec les Rotaractiens, se penchera sur les solutions que le Rotary peut apporter à ce fléau qui détruit la faune et la flore marine. Le Rotary est à la fois une force d’action et de proposition.

 

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