À QUOI SERT UN DISTRICT ?

01/03/2023 - Magazine n°835 Mars 2023

Rassemblant 1,4 million de membres, dont 200 000 Rotaractiens, dans presque tous les pays du monde, le Rotary International est doté d’une structure de gouvernance très allégée. Cette simplicité est garante d’efficacité et de moindre coût. Contrairement aux idées reçues, le district n’est pas un échelon, mais un facilitateur de liaison entre les clubs et le Rotary International. Compte tenu des évolutions des effectifs et de réalités sociétales, des transformations concernant les districts sont actuellement perceptibles.

Image À QUOI SERT UN DISTRICT ?

La structure rotarienne repose en effet sur deux niveaux seulement : le club et le Rotary International, lequel dispose d’une Fondation au service des clubs. Les membres du Rotary International sont les clubs, et non les individus. Sachant que l’un des principes fondateurs du Rotary est l’autonomie des clubs, le gouverneur apparaît comme un soutien à la bonne marche des clubs de son district, veillant à la bonne application des principes qui régissent l’organisation.

 

Une liaison entre le club et le Rotary International

Tout Rotary club est libre de choisir ses dirigeants, d’admettre les membres qu’il souhaite, de décider de son mode de réunion et de lancer ses actions. Le district, qui regroupe en moyenne 70 Rotary clubs, avec à sa tête un gouverneur, est chargé d’épauler les clubs, d’organiser la formation de ses prochains dirigeants, de transmettre toute information du Rotary International, d’encourager les dons tout comme l’utilisation de la Fondation Rotary. Il met en valeur le thème du président du Rotary International et veille au respect des règles et textes réglementaires. Le gouverneur, assisté de toute une équipe, conseille les présidents de clubs avec acuité, d’autant plus qu’il est un Rotarien aguerri, lui-même ancien président de club ; il apparaît comme un animateur auprès des clubs, insufflant dynamisme et bienveillance .

Le district encourage les clubs à entreprendre des actions d’intérêt public, mais ce n’est pas sa vocation d’en conduire. S’il apporte des subventions à des projets de clubs au titre de la Fondation Rotary par son Fonds spécifique de district, il n'est pas chargé d’apporter un financement sur ses fonds propres ; ceci dans un esprit d’équité vis-à-vis des autres clubs qui, tous, entreprennent des actions louables. Rien n’empêche cependant un district de contribuer à une action nationale ou internationale telles qu’un prix ou une aide à des sinistrés.

Dans certaines grandes agglomérations, des clubs sont regroupés au sein d’unions, fréquemment appelées « interclubs ». Il s’agit de réunir des moyens humains et matériels afin de faciliter des actions communes et d’afficher une visibilité plus grande dans la communauté et auprès des médias. Ces regroupements ne doivent cependant pas être confondus avec un district ou considéré comme sa subdivision.

Le relai que constitue le district fait régulièrement l’objet de réajustements de la part du Rotary International.

 

Des redécoupages au fil des évolutions des effectifs

Depuis 30 ans, le nombre de Rotariens dans le monde reste identique, comme celui des districts qui tourne autour de 530. Mais l’évolution des effectifs étant très différente suivant les régions du monde, des districts sont créés essentiellement en Asie et, à moindre mesure, en Afrique ; a contrario, des districts fusionnent aux Amériques et en Europe. Micheline Decorps, présidente du Codifam* souligne « qu’au-dessous de 1200 membres, un district est menacé et peut s’attendre à être fusionné avec un autre. » La disparition d’un district n’est pas une sanction, mais une adaptation à la réalité locale. Jean-Marie Lataste, coordinateur du Rotary pour la région 14** rappelle que « c’est le Rotary International qui décide d’un redistricting, après une étude approfondie de la situation et de nombreux échanges avec les dirigeants concernés. »

Le développement des effectifs en Afrique entraîne des créations de districts : c’est le cas en Afrique de l’Ouest du district 9102 qui sera scindé en deux au 1er juillet prochain : le Ghana formera un district à lui tout seul, pendant que les clubs du Bénin, Niger et Togo resteront ensemble. C’est donc un district 9102 entièrement francophone qui sera prochainement constitué, renforçant le poids de la francophonie au sein du Rotary International, assurant le maintien du français comme l’une des langues de travail lors des grands événements transfrontaliers.

 

Vers une alternative aux actuels districts ?

Beaucoup de districts connaissent des difficultés à recevoir des candidatures au poste de gouverneur de la part des clubs. Roger Lhors, administrateur 2020-2022 du Rotary International, estime que « les tâches demandées au gouverneur sont de plus en plus lourdes et nombreuses au fil du temps. Il en découle qu’il devient très difficile pour une personne en activité professionnelle d’exercer la fonction de gouverneur. » Il note aussi une évolution au sein du monde du travail : « dans le passé, des grandes entreprises appréciaient que l’un de ses responsables exercent un mandat de gouverneur, malgré le temps qu’il devait y consacrer ; aujourd’hui ce n’est plus le cas. » Afin de remédier à ce problème de disponibilité, une initiative est actuellement tentée.

Lors du dernier Conseil de législation – le parlement du Rotary International qui se réunit tous les trois ans- il fut décidé d’expérimenter une nouvelle gouvernance de district dans deux zones. Celles-ci sont situées au Royaume-Uni et en Australie, deux régions où les effectifs sont en fort recul depuis 20 ans. Actuellement en cours en Australie, ce test confie la responsabilité d’un district de petite taille ( de l’ordre d’une douzaine de clubs) pendant deux ans à un Rotarien ; celui-ci a une forte proximité avec les clubs et peut aisément mener concomitamment son activité professionnelle. Si les résultats s’avèrent concluants, ces expérimentations seront proposées à l’ensemble du monde rotarien lors d’un prochain Conseil de législation.

 

Le Rotary évolue dans sa gouvernance et ses liens avec les clubs, comme l’a démontré il y a une vingtaine d’années l’instauration des adjoints du gouverneur (ADG) afin de soulager ce dernier dans ses multiples tâches. L’emblème du Rotary étant une roue, il importe que l’engrenage soit bien huilé afin de continuer à fonctionner efficacement, près de 120 ans après sa création. Un Rotary modernisé aura toutes les chances d’être attractif et de poursuivre ses missions.

 

*Codifam : amicale des gouverneurs (anciens, en exercice et futurs) des districts francophones.

**Région 14 : France métropolitaine, Wallonie, Luxembourg Andorre, Monaco.

 

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

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