ARTHUR LEROUX, PRÉSIDENT DU XXIe SIÈCLE
Arthur Leroux préside actuellement le Rotary club Revel (Haute-Garonne). En prenant cette fonction le 1er juillet dernier à l’âge de 24 ans, il est devenu le plus jeune président d’un Rotary club de France. Par sa naissance le 6 janvier 2001, il est le seul président né au XXIe siècle, celui-ci ayant débuté…5 jours plus tôt. Il explique ce qui l’a conduit à devenir Rotarien et fait partager sa vision du Rotary.
Pour quelles raisons êtes-vous devenu Rotarien ?
Dans ma famille personne n’était membre d’un Rotary club, et j’ai découvert le Rotary en bénéficiant de son programme d’échanges de jeunes (Student exchange). J’ai eu le privilège de partir deux fois dans le cadre de ce programme : à Taïwan en 2017-2018, puis au Brésil en 2019-2020. Pour ce second séjour, j’ai été rapatrié avec 3 mois d’avance du fait de la Covid. J’ai tellement apprécié ces expériences que j’ai voulu rendre au Rotary ce qu’il m’avait offert en rejoignant un club.
Comment avez-vous intégré un club à l’âge de seulement 21 ans ?
Catherine Février, présidente du Rotary club Revel lorsque je suis parti au Brésil, m’a demandé à mon retour, à ma grande surprise, de rejoindre son club. Elle est ma marraine rotarienne. Étant alors étudiant en droit, je pensais que le coût financier était trop important pour moi, mais le dispositif « contrat jeune » qui existe dans nombre de Rotary clubs du district 1700 a limité ma cotisation à 15 euros par mois, les coûts des repas étant entièrement à ma charge. Ce dispositif a permis mon admission…qui a fait baisser ipso facto la moyenne d’âge du club !
Pourquoi n’avoir pas rejoint un Rotaract club ?
Lors de mes séjours d’étudiant d’échange, j’avais participé à des activités avec des Interactiens et des Rotaractiens, aussi bien à Taïwan qu’au Brésil. S’agissant du Rotaract club Toulouse, je ne l’avais pas encore approché à mon retour en France lorsque le Rotary club Revel est venu directement vers moi. J’ai décidé de franchir le pas, ce qui a étonné beaucoup de personnes de mon âge.
Quelles missions vous-a-t-on confié dès votre admission ?
À peine devenu Rotarien, j’ai été invité à devenir le responsable des échanges de jeunes du district (DYEO), ce que je suis encore. Je m’occupe de l’envoi et de la réception des Students en ce qui concernent le Tarn et la moitié de la Haute-Garonne. Je veille à un bon encadrement et organise des formations destinées aux parents, des sorties, des weekends d’intégration. Le fait d’avoir été moi-même à leur place il y a peu de temps facilite ma tâche qui consiste parfois à dénouer des problèmes et trouver des solutions.
Lorsque je suis devenu Rotarien, le gouverneur Jean-Marc Martinez m’a demandé d’être le chef de protocole du district ; ce fut une riche expérience, en particulier lors de deux visites en France de Gordon McInally, alors président du Rotary International. Ce fut un moment extraordinaire pour un tout nouveau Rotarien comme moi d’être en contact avec le président du RI, pour lequel j’ai dû traduire ses paroles en public. Mon club a depuis accueilli Gordon McInally car il passe fréquemment ses vacances près de Revel. Ces visites au club soulignent l’aspect international du Rotary.
Pourquoi avoir accepté d’être président de club ?
J’ai été intronisé comme membre le 4 février 2022 en même temps qu’Hélène Frède, une jeune femme qui est très vite devenue présidente, juste avant moi. Notre club a choisi d’avoir une vision, à travers le Plan de leadership : les présidences du club sont connues jusqu’en 2031 ! Tous les futurs présidents se sont portés volontaires pour assurer la pérennité du club ; il était naturel que je fasse de même. Le fait d’avoir intégré de jeunes membres redonne de la vitalité à un club et favorise l’adhésion de nouveaux membres, comme le chef des sapeurs-pompiers de Revel qui est sur le point de nous rejoindre. D’autres personnes devraient en faire autant.
Quelles actions particulières initiez-vous en qualité de président de club ?
J’ai tenu à honorer la mémoire de tous ceux qui ont été présidents du Rotary club Revel depuis sa création en 1957. Cette idée m’est venue en souvenir de mes visites de clubs à Taïwan et au Brésil où les portraits des anciens présidents figuraient dans les lieux des réunions statutaires. Pour savoir où l’on va, il faut savoir d’où l’on vient.
J’initie une seconde action axée sur la culture : un weekend long pendant lequel un maximum d’artistes pourront présenter leur art. Des manifestations gratuites seront proposées au public, en particulier des pièces de théâtre, afin de mieux faire connaître le Rotary. D’autres présentations seront payantes, les bénéfices seront attribuées à l’hôpital gériatrique de la ville.
Est-ce difficile de concilier vie professionnelle et responsabilités rotariennes ?
Je travaille en alternance, étant actuellement étudiant en Master de gestion de patrimoine au sein d’une école de commerce. Il se trouve que dans le cabinet Allianz où je travaille, la personne avec laquelle je collabore le plus est Rotarienne. Elle comprend tout à fait que je doive rentrer chaque jeudi soir à Revel (90 minutes de trajet) pour présider le club. Comme jeune professionnel sans grande expérience, je bénéficie de conseils de Rotariens expérimentés, qu’ils soient notaires, avocats, assureurs ou banquiers.
Comment attirer des jeunes à devenir Rotariens ?
C’est en se montrant que le Rotary peut convaincre des jeunes de le rejoindre. Il ne faut plus faire de l’entre-soi comme cela s’est souvent constaté en France. Plusieurs de mes amis m’ont « charrié » en apprenant que j’étais membre d’un Rotary club. À chaque fois j’ai expliqué ce qu’est le Rotary, ce qu’il fait ; les personnes sont toujours très surprises d’apprendre que la polio disparaît dans le monde grâce au Rotary, que l’Onu a été fondée par des responsables qui étaient majoritairement des Rotariens. Il est crucial de porter l’insigne, ce qui est souvent l’objet du démarrage d’une conversation.
Il faut avoir des projets pour attirer des jeunes ; le seul fait de se réunir chaque semaine ne suffit pas à motiver des adhésions. Nous préparons des actions lors de nos réunions statutaires, sans oublier l’aspect convivial qui, lui aussi, est déterminant. C’est dans cet esprit que des réunions d’été ont lieu chez l’un des membres et qu’une fête annuelle est organisée avec les familles de chacun.
L’utilisation des réseaux sociaux est vitale pour susciter l’intérêt des jeunes au Rotary : ils sont souvent à la recherche de sens, et des informations bien rédigées sur les actions d’intérêt général des clubs sont susceptibles d’être motivantes. Plusieurs de mes amis me demandent de participer aux actions du Rotary club Revel, certains deviendront Rotariens. Ce n’est pas le Rotarien, mais le club qui inspire à devenir membre.
Étant moi-même un ancien bénéficiaire d’un programme de jeunesse du Rotary, j’encourage les clubs à les intégrer : il ne faut pas attendre que ces anciens bénéficiaires soient installés dans la vie pour les appeler à rejoindre un club. Dans mon secteur géographique, je suis l’un des rares ancien Student à être devenu Rotarien ; depuis peu, un nouveau Rotarien, lui aussi issu d’un programme Student, à peu près de mon âge, vient d’intégrer le Rotary club Toulouse Ovalie.
Il existe un vivier de recrutement par cette voie. Réfléchissons-y tous.
PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE COURJON