ROTARACT CLUB NICE BAIE DES ANGES : ILS ÉTAIENT 4, ILS SONT À PRÉSENT 37
Le Rotaract club Nice Baie des Anges était sur le point de disparaître en 2025 faute d’effectif. Une réorganisation complète du club a été menée et porte ses fruits. Le club est aujourd’hui l’un des plus dynamiques de France et connaît une forte augmentation du nombre de ses membres. Jean-Baptiste Bonnet, président 2025-2026 de ce club, explique les raisons de ce rapide rebond.
Quel est votre cheminement au Rotaract ?
Actuellement étudiant en dernière année de master à l’EDHEC (école de commerce), j’ai souvent changé de ville au cours de mes études et stages. Ceci explique que j’en suis à mon 6e Rotaract club en 5 ans ! J’ai en effet été membre de trois clubs lyonnais, un club à Saint-Étienne, un à New York. Depuis l’âge de 14 ans, je suis impliqué dans le monde associatif, en particulier dans la lutte contre le cancer. Aucun membre de ma famille n’est Rotarien, et j’ai entendu parler pour la première fois du Rotary lors d’une information sur le programme d’échanges de jeunes (Student exchange). C’est par un Rotaractien que j’ai été renseigné sur le Rotaract.
Comment s’est passé votre séjour de Rotaractien à New York ?
Comme je devais résider 7 mois dans cette ville au cours d’un stage, j’ai posté sur Instagram une demande pour rejoindre un Rotaract club. J’ai été admis au Rotaract club New York Nations unies, et ai immédiatement constaté son bon fonctionnement. Cette expérience m’a permis de cerner ce qu’il faut faire pour qu’un club marche bien.
Dans quel esprit s’est déroulé votre arrivée au club de Nice ?
Je me suis installé dans cette ville au cours de l’été 2025 et ai rejoint son seul Rotaract club. Il ne comptait plus que quatre membres. Cette situation était anormale dans la 5e ville de France par sa population, qui reçoit beaucoup d’étudiants, et dont le Rotary club venait de célébrer le centenaire de son implantation. De plus, Nice a accueilli au cours de son histoire trois conventions du Rotary International, ce qui est exceptionnel. Il n’était donc pas pensable de voir disparaître le Rotaract. Je suis alors entré en contact avec Pierre-François Rémy, représentant Rotaract du district 1730 (RRD). Une visioconférence a été organisée avec les quatre Rotaractiens restants, lesquels m’ont demandé d’être président du club.
Quelles premières mesures ont-été prises pour relancer le club ?
Une campagne de recrutement a été lancée sur LinkedIn, ce qui s’est soldé rapidement par l’adhésion de 15 membres. J’avais contacté par téléphone chacune des personnes qui avait réagi sur le réseau social pour expliquer le sens de la démarche et les projets d’actions à venir. Sur les 15 nouveaux admis, un tiers avaient été membres d’un Interact ou d’un Rotaract club, ce qui a facilité les explications. L’aspect social du Rotaract a convaincu les autres postulants de nous rejoindre. Tous ont été intéressés de rencontrer d’autres jeunes, d’autant plus que plusieurs ne connaissaient encore personne à Nice, ville où ils sont venus étudier. D’autres avaient envie de sortir de leur cercle d’étudiants pour rencontrer des jeunes entrés dans la vie active, ou suivant d’autres types d’études. Le plus dur a été de les faire venir la première fois à une réunion ; une responsabilité a été confiée à chacun afin de motiver leur engagement dans différents projets.
Qu’avez-vous fait pour amplifier la première vague d’adhésions ?
Nous avons recherché une meilleure adresse pour nous réunir ; auparavant c’était dans un bar, un endroit peu adapté à des réunions de préparation d’actions. L’EDHEC Nice nous a offert une salle de réunion, ce qui nous a donné une visibilité plus grande. Plusieurs de nos membres sont étudiants dans cette école de commerce, ce qui facilite leur assiduité. Je freine toutefois les adhésions d’étudiants de cette école pour diversifier l’effectif du club. Nous avons relancé notre communication sur Instagram, ce qui nous a mis en relation avec des prospects, tous contactés par la suite par téléphone ; plusieurs relations personnelles et trois membres proposés par le district 1730 ont permis d’atteindre un effectif de 37 membres fin 2025.
Quel est le profil des membres récemment admis ?
La parité hommes-femmes est presque parfaite. 60% sont des étudiants, beaucoup ne parlent pas suffisamment français. Nos réunions se tiennent en français, mais les comptes-rendus sont traduits en anglais. Il s’agit de faire progresser nos amis étrangers dans notre langue et faciliter leur intégration. Le Rotaract club Nice Baie des Anges compte en effet une dizaine de nationalités : Allemagne, Espagne, États-Unis, Italie, Japon etc. Cette diversité est une richesse car elle apporte des points de vue différents pour élaborer des projets et facilite des contacts avec l’étranger. L’un de nos plus récents membres est Marocain, ce qui a motivé le club à soutenir la distribution de bidons qui purifient l’eau par des filtres (Solvatten) dans ce pays. Plusieurs membres de notre club se rendront au Maroc en mai pour participer à la caravane de la santé, organisée par des Rotaractiens de Casablanca, appuyés par des Rotariens de cette ville. Des Rotaractiens marocains sont notamment étudiants en médecine ou en pharmacie. Notre membre marocain a été intronisé lors du gala que nous venons d’organiser à l’opéra.
Quel impact a eu le gala organisé par le club à l’opéra ?
Pour relancer le club à travers une action de solidarité et de communication, nous avons décidé de frapper fort : le 14 janvier, la salle de l’opéra de Nice était pleine, et nous avons dû refuser des inscriptions ! Cette action phare a demandé l’investissement de tous les membres du club dès l’été dernier. Les acteurs de la ville ont été démarchés : plusieurs adjoints du maire ont été rencontrés, la presse a été contactée. Tous les membres du club ont été consultés pour décider qui serait le bénéficiaire de cet événement. Il a été décidé de soutenir la cause de femmes victimes de violences, au plan local.
Pour obtenir le meilleur bénéfice possible, tout a été fait par les Rotaractiens eux-mêmes : communication, logistique, service dans la salle etc. Tous ont été mis à contribution, ce qui a soudé le club.
Que faites-vous pour maintenir la visibilité du club à Nice ?
Comme président, je participe au maximum d’événements dans la ville : vœux du maire, cérémonie de la Jeune chambre économique, réunions de Rotary clubs. Partout, je parle du Rotaract, le bouche à oreille est important. J’encourage les Rotariens à informer leurs enfants et leurs proches sur notre club. 6 des 37 membres du club sont enfants d’un Rotarien, ce qui constitue un chiffre relativement élevé par rapport à beaucoup de clubs. Nice est une ville où beaucoup de Rotariens ont été Rotaractiens, nous avons donc du potentiel ! La bonne santé d’un Rotaract club dépend en partie du soutien des Rotariens, en particulier du club parrain.
Deux citations résument l’état d’esprit du Rotaract : c’est un club de jeunes qui relève les manches quand d’autres baissent les bras. Il est exigeant envers lui-même, mais généreux envers les autres.
Contact : jbbonnet19@gmail.com
PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE COURJON