DES ACTIONS DE CLUBS RENFORCÉES PAR DES SUBVENTIONS MONDIALES
Tout club a la possibilité de réaliser une action coûteuse avec un budget limité. La solution ? Obtenir une subvention mondiale (Global grant en anglais) auprès de la Fondation Rotary. Attention : des règles strictes doivent être respectées afin de concrétiser un projet d’envergure savamment préparé.
Comment une importante plantation d’arbres fruitiers au Mali, conduite sans grands versements financiers par des Rotary clubs du district 1660 (Paris et Île de France Ouest), a -t-elle été possible ? Réponse : par la mise en place d’une subvention mondiale de la Fondation Rotary. C’est en effet dans le pays Dogon que depuis 2020 est entreprise une action de développement économique en faveur de quatre villages. 1500 citronniers, grenadiers, goyaviers, manguiers etc. ont été plantés et procurent une activité économique à une centaine de familles, formées à la culture de ces arbres. La production de fruits offre une meilleure nutrition, améliore la santé des villageois et bénéficie à l’équilibre environnemental. Initié par le Rotary club Paris Champs Élysées, en lien avec une association spécialisée dans le développement durable, le projet est actuellement porté par le Rotary club Paris Lumières, soutenu par 12 autres Rotary clubs français (essentiellement du district 1660) et le Rotary club Bamako Espoir, le parrain local qui suit sur place le bon déroulement. Le coût total de l’opération a été de 30 000 euros, financé en grande partie par la Fondation Rotary à travers une subvention mondiale. Comment un club peut-il bénéficier d’une telle subvention ?
Des conditions strictes d’attribution
Une subvention mondiale est accordée pour une action d’envergure dont les effets sont durables et mesurables. Il s’agit d’une stratégie à long terme pour un projet qui répond à au moins l’une des sept causes prioritaires du Rotary (voir encadré). Le budget total doit être d’un minimum de 30 000 dollars (devise de la Fondation Rotary dont le siège est à Evanston, près de Chicago) et doit impliquer au moins deux clubs de différents pays. L’un des clubs est le parrain local, situé dans le pays où a lieu l’action, un autre est le parrain international, c’est-à-dire implanté dans un autre pays.
La Fondation Rotary exige qu’une évaluation de la collectivité bénéficiaire soit réalisée, car une opération réussie doit répondre à un besoin exprimé par la population.
Sur le plan pratique, un compte bancaire du club doit être spécifiquement dédié à l’action menée avec le concours de la Fondation Rotary.
Un mécanisme simple et efficace
Prenons le cas d’un Rotary club français qui souhaite lancer un projet d’adduction d’eau à l’étranger. Ce club apporte par exemple la somme de 6 000 $ et obtient 3 000 $ de son club contact italien et autant de son club contact allemand. On arrive à 12 000 $ qui peuvent être abondés de la même somme par le Fonds spécifique des trois districts concernés, ce qui porte la collecte à 24 000 $. Dans la mesure où la Fondation Rotary, par son fonds mondial, peut ajouter 80% des sommes versées par les districts au titre d’une subvention mondiale, soit 9 600 $ dans cette hypothèse, le total général est de 33 600 $. L’effet multiplicateur est sensible, et les clubs contacts qui auront apporté leur contribution pourront par la suite bénéficier du même système de financement pour un autre projet d’envergure. La contribution maximale du fonds mondial de la Fondation Rotary pour une subvention mondiale est de 400 000 dollars.
Pour prétendre à une subvention mondiale, un Rotary club, tout comme un Rotaract club, doit être certifié ; il s’agit d’une procédure qui se renouvelle chaque année et qui exige que le responsable Fondation du club (ou un représentant) participe à un séminaire de formation organisé par le coordinateur Fondation du district. Ce séminaire a lieu avant le début de l’année rotarienne.
Des coordinateurs au service des clubs
Alexandre Guiard, ancien gouverneur du district 1660, est coordinateur de la Fondation Rotary de la région 14 du Rotary*pour les années 2026-2029. « Mon rôle est de faire appliquer les objectifs de la Fondation et d’en donner les moyens aux gouverneurs et aux DRFC. » Les DRFC sont les coordinateurs de la Fondation Rotary pour chaque district (liste ci-contre), dont le rôle est de promouvoir la Fondation et d’aider les clubs à monter des dossiers de demande de subvention. L’appui des coordinateurs de district évite des rejets de dossiers car ils maîtrisent les mécanismes et savent conseiller les clubs. « L’évaluation du besoin de la collectivité est le point de départ de tout dossier ; il faut s’assurer de la pérennité et de l’impact du projet, ainsi que des possibilités de trouver sur place le matériel et les compétences » explique Alexandre Guiard. Il souligne que « la difficulté est la continuité, mais beaucoup de clubs trouvent de l’énergie dans ce type d’action qui demeure fédératrice ; les projets qui font appel à une subvention mondiale resserrent les liens entre clubs contact, car il s’agit d’actions internationales. »
Les deux principaux objectifs du coordinateur régional sont l’augmentation de la participation des clubs au fonds annuel et le renforcement des contributions à PolioPlus. « L’an passé, deux districts de France – 1680 et 1720 – ont eu 100% de leurs clubs qui ont versé au fonds annuels ; nous sommes bien partis pour faire mieux cette année, puisque 6 districts se sont fixés d’atteindre cet objectif » commente-t-il.
La possibilité de financer une action locale
Une subvention mondiale, contrairement à une idée reçue, n’est pas forcément destinée à un projet à l’étranger. Alexandre Guiard cite comme exemple « un important don de matériels et d’aménagements qui réduisent l’angoisse des patients avant et après leur intervention a été remis à l’hôpital Lariboisière de Paris grâce à une subvention mondiale obtenue à l’initiative du Rotary club Paris, devenu parrain local, soutenu par l’un de ses clubs contact étrangers qui a fait office de parrain international. » Une action similaire a eu lieu il y a plusieurs mois à Lyon pour doter en outils de haute technologie des équipes médicales qui luttent contre le cancer.
Des bourses d’études sont éligibles
Une subvention mondiale peut être obtenue pour financer des programmes universitaires, dans un cadre international. Il est impératif que l’étudiant ait un objectif de carrière qui s’inscrive dans au moins l’une des sept causes prioritaires du Rotary. La subvention peut atteindre 30 000 dollars pour une année et couvrir les frais de scolarité, d’hébergement, de transport, de visa et de fournitures scolaires. Le processus est similaire à une demande de subvention mondiale pour une action : le club impliqué renseigne un dossier de demande de subvention avec la candidature de l’étudiant et doit trouver un club hôte à proximité du lieu où ce dernier suivra son cursus.
Le club suit la progression de l’étudiant lors de son parcours d’étude, l’aide dans son installation, l’accompagne dans ses démarches, l’accueille lors de réunions statutaires et l’invite à participer à ses actions. C’est dans ce cadre que Sofia Lopez Cantu, jeune Mexicaine parrainée par des Rotary clubs de six pays, dont la France, a récemment effectué une année universitaire en éducation à Harvard (voir article de Rotary Mag pages 10-11 de septembre 2026).
Les subventions mondiales peuvent soutenir également des équipes de professionnels qui se rendent à l’étranger pour se former ou dispenser une formation.
Un processus relativement simple
On entend souvent dire qu’un dossier de demande de subvention est « une usine à gaz. » Le coordinateur de la région 14 du Rotary souligne que « si un club respecte bien les étapes, que le dossier a été établi avec l’aide du DRFC, qu’une bonne évaluation des besoins est faite dès le départ, et que le dossier est bien suivi par son responsable, les chances de d’acceptation sont grandes. » Mais la Fondation Rotary ne peut offrir que ce qu’elle reçoit. Il apparaît naturel qu’un club demandeur d’une subvention ait contribué précédemment à des dons à la Fondation Rotary, dont les produits de placements financent son activité.
Contribuer à la Fondation Rotary, c’est permettre aux clubs de disposer collectivement de moyens pour mener des actions durables et de grande ampleur.
*Région 14 du Rotary International : France métropolitaine, Belgique francophone, Andorre, Monaco, Luxembourg.
Les 7 causes prioritaires du Rotary
Alphabétisation et éducation de base
Développement économique local
Prévention et traitement des maladies
Santé des mères et des enfants
Construction de la paix et prévention des conflits
Eau, assainissement et hygiène
Environnement
Les responsables Fondation Rotary des districts (DRFC) de France et d’Afrique francophone
1510 : Joëlle Rouet
1520 : Nathalie Deprez
1640 : Sophie Roughol
1650 : Hervé Hacard
1660 : Jean Daloglou
1670 : Bruno Lemercier
1680 : Francis Bucher
1690 : Yannick Le Gouzouguec
1700 : Jacques Bernier
1710 : Marc Chizelle
1720 : Marc Altes
1730 : Jean-Pierre Flambart
1740 : André Alanore
1750 : Jean-Paul Narjollet
1760 : Hicham Kamli
1770 : Frederic Metzinger
1780 : Christian Philippot
1790 : Patrick Vilain
9010 : Najoua Azouz
9101 : Sunny Akuopha
9103 : Germain Tomegah
9150 : Pierre-Louis Kasongo
9220 : Krishnanand Jeewon
TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON
Dans la même rubrique
17/03/2020 - Rotary Mag 800 - Avril 2020
AU ROTARY, ON NE SE SERRE PLUS LA MAIN, MAIS ON SE SERRE LES COUDES
TEXTE DE FRANÇOISE DURAND Depuis quelques jours, les Rotary clubs ne se réunissent plus. Dans le monde…
Lire
01/11/2026 - Magazine 879 - Novembre 2026
L’INITIATIVE DONS MAJEURS POUR LA SANTÉ SOUTIENT LA FONDATION ROTARY
Pourquoi la Fondation Rotary a-t-elle créé la fonction de conseiller de l’initiative Dons majeurs pour la…
LireLes plus partagés
Rotary Impact : 48h pour transformer une idée en projet d’entreprise responsable ! DES ACTIONS DE CLUBS RENFORCÉES PAR DES SUBVENTIONS MONDIALES L’INITIATIVE DONS MAJEURS POUR LA SANTÉ SOUTIENT LA FONDATION ROTARY LA FRANCOPHONIE, VECTEUR DE PAIX LE ROTARY, UNE HISTOIRE DE FAMILLE À L’AIGLE