LA FRANCOPHONIE, VECTEUR DE PAIX
Instaurée par l’Onu, la Journée internationale de la paix a lieu chaque année le 21 septembre. C’est dans ce cadre que s’est tenue à Paris la 3e édition du Symposium pour la paix, à l’initiative de l’Amicale du Rotary pour la francophonie. Cette rencontre a été marquée par des réflexions et des discussions de diplomates devant un public de Rotariens et de personnes de la société civile.
Coorganisé par les Rotary clubs Paris Agora, Paris Balard, Paris Haussmann et Paris Porte d’Orléans Vallée de l’Orge, le Symposium pour la paix s’est déroulé dans la Salle Cortot, réputée pour son acoustique exceptionnelle. Langage universel qui rassemble les peuples, la musique a entrecoupé les échanges par du chant lyrique ainsi que des morceaux de harpe et de piano joués par des professionnels. L’ancien gouverneur du district 1660 Jean-Philippe Baur, président de l’Amicale du Rotary pour la francophonie, a rappelé que « la langue française favorise l’entrée en relation avec les peuples, mais parler la même langue ne suffit pas à faire la paix ». Le dialogue suppose des mots qui expriment avec précision la pensée. « Parler de la paix, c’est prendre position pour la rencontre, la francophonie entre dans ce cadre » déclare Jean-Philippe Baur. À travers deux tables rondes a été étudiée l’influence de la langue française sur la paix.
Langue, culture et diplomatie
Animée par Yasmine Saada, membre du Rotary club Paris Balard, cette table ronde a été consacrée à l’efficacité de la diplomatie culturelle. Émile Ngoy Kasongo, ambassadeur de la République démocratique du Congo (RDC), empêché au dernier moment, a fait lire son avis par la première secrétaire de l’ambassade. « Le français est un trait d’union en RDC, pays qui compte 450 ethnies et des centaines de dialectes ; la langue française relie les régions et permet le dialogue, mais il ne s’agit pas néanmoins de remplacer les langues régionales. » Le français est vu pour la RDC, devenu premier pays francophone au monde par sa population (120 millions d’habitants), comme un pont entre ses très diverses communautés ; ce pont se manifeste aussi à travers l’importante diaspora dans le monde, par des artistes tels que Gims qui s’expriment dans la langue de Molière.
La culture française a toujours passionné Arnoldas Pranckevicius qui fit partie il y a 25 ans de la première promotion des boursiers de la paix du Rotary, à Sciences Po Paris. Aujourd’hui ambassadeur de Lituanie en France, il souligne l’importance de la culture pour le rapprochement des peuples. Bien que non francophone, son pays est membre observateur de l’Organisation internationale de la francophonie (OIF) ; Arnoldas Pranckevicius témoigne de l’impact du français dans le dialogue international, rappelant que Vilnius a accueilli l’Institut français bien avant les instituts Goethe et Cervantes.
« Le français nous permet de dialoguer avec le monde » commente Louino Volcy, ambassadeur de Haïti en France, qui rappelle que son pays a insisté pour que le français soit l’une des deux langues de travail à l’Onu. Le diplomate explique que le français et le créole sont les deux langues officielles de son pays et que « ce bilinguisme est une complémentarité et non une contrainte ; beaucoup d’auteurs haïtiens rayonnent dans le monde grâce au français. » Haïti, membre fondateur de l’OIF, demeure un ferveur défenseur du français, avec notamment plus de 4000 étudiants présents dans le pays des Droits de l’Homme.
Jeunesse et éducation
La seconde table ronde avait pour modérateur Cyril Noirtin, membre du Rotary club Paris Agora, qui a souligné qu’un francophone sur deux dans le monde est âgé de moins de 30 ans. Cette remarque liminaire introduit un débat sur la nécessaire éducation pour un monde apaisé et sur la participation accrue des jeunes aux décisions des États. « Au Moyen-Orient, beaucoup de ministres ont moins de 30 ans, et ce ne sont pas uniquement des héritiers de grandes familles » détaille Yasmina Asrarguis, experte franco-marocaine du Moyen-Orient.
L’importance de la jeunesse dans la francophonie est également soulignée par Michel Frédéric Joro Rabemahefa, ambassadeur de Madagascar en France. La Grande Île qui compte 33 millions d’habitants enregistre une moyenne d’âge de 19 ans seulement. Plusieurs exemples comparables existent en Afrique continentale ; cette réalité démographique augure d’un avenir où le dialogue en langue française sera très présent, aussi bien à l’intérieur des états que dans les relations internationales.
Un avenir multilatéral
La conclusion de l’ensemble de ces réflexions peut être résumée par la suggestion de Franck Lesueur, conseiller en stratégie internationale : « il faut que les Français s’intéressent aux cultures des autres pays francophones ». La population française représente 68 millions de personnes sur les 400 millions de locuteurs francophones dans le monde. « Le pont doit être dans les deux sens pour l’échange culturel » estime-t-il. Ce n’est pas parce que l’on parle la même langue que l’on a la même culture, s’entendent les différents intervenants de ce symposium. Ils estiment que si la langue française est un atout pour mieux se comprendre entre peuples et ethnies, l’acceptation de la diversité demeure cruciale pour une meilleure entente.
La paix ne se décrète pas, elle se construit ; le français est un espace de rencontre, et il faut le renforcer. Le Rotary, par ses actions, joue un rôle dans ce domaine.
Contact : https://amicalerotaryfrancophonie.org/
TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON
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