OLAYINKA BABALOLA, PRÉSIDENT 2026-2027 DU ROTARY INTERNATIONAL

Magazine 871 - Mars 2026

Olayinka Babalola sera à partir du 1er juillet prochain président du Rotary International. Nigérian, il sera le 2e Rotarien de ce pays – et d’Afrique- à exercer cette fonction.

Image OLAYINKA BABALOLA, PRÉSIDENT 2026-2027 DU ROTARY INTERNATIONAL

Olayinka « Yinka » Babalola termine une conversation en visioconférence avec 300 Rotaractiens du monde. « Ils ont organisé une fête en mon honneur parce que je suis un ancien Rotaractien », dit-il. En voyant Yinka Babalola, qui a lui-même été à leur place, accéder à la plus haute fonction du Rotary, qui sait combien parmi ces 300 jeunes il inspirera ? 

 

Yinka a rejoint le Rotaract en 1984 avant de devenir Rotarien en 1994. Il est membre du Rotary club Trans Amadi (Nigeria).

 

Au cours de son parcours rotarien, il a non seulement occupé les fonctions de vice-président du RI, mais il a également été un leader actif en s’impliquant dans la campagne En finir avec la polio dans son pays. Yinka a aussi été administrateur de ShelterBox et a reçu plusieurs distinctions du Rotary, notamment le Prix Servir d’abord. Lui et son épouse, Preba, membre du Rotary club Port Harcourt Passport, sont également membres du Cercle Arch Klumph (donateurs à la Fondation Rotary dont les contributions s’élèvent à au moins 250 000 dollars).

 

Il a mené ses activités rotariennes de front avec une vie professionnelle bien remplie. Il a travaillé pendant 25 ans dans l’industrie pétrolière et gazière, occupant des postes de direction chez Shell, et a fondé deux sociétés : Riviera Technical Services Ltd., une société spécialisée dans la fourniture d’infrastructures pétrolières et gazières, et Lead and Change Consulting, un cabinet de conseil en performance organisationnelle.

 

 

 

Une émission de télévision l’a incité à rejoindre le Rotary

 

Avant d’entrer à l’université, Yinka était chez lui en train de regarder la télévision lorsqu’un homme élégant a attiré son attention. Il était tout de blanc vêtu et son anglais était particulier, se souvient-il. Intrigué, il a écouté plus attentivement. L’homme parlait du Rotary. « C'était la première fois que j’en entendais parler, explique-t-il. Comme la plupart des interviews télévisées, celle-ci n'a duré qu’une ou deux minutes, mais elle m’a marqué. »

 

Lorsque Yinka était en deuxième année à l’université, le responsable de l’image publique de l’établissement, membre du Rotary club Bauchi, l’a invité à participer à la création d’un Rotaract club au sein de l'université. Yinka se souvient alors de cet homme élégant et éloquent : c’était l’homme vu à la télévision, un ancien gouverneur du district. Trouvant cette coïncidence troublante, Yinka est devenu le président fondateur du Rotaract club. 

 

 

Il rencontre son épouse au Rotaract

 

Yinka s’est installé à Port Harcourt et a rejoint le Rotaract club Trans Amadi. Lors d’un événement, il se souvient avoir remarqué une femme ravissante, présidente d’un club rattaché à une université. Il l’a pointé du doigt à un ami en lui disant : « C'est elle ». Il avait raison. 

 

Yinka et Preba ne sont pas les seuls membres de leur famille impliqués au Rotary. Leur fille aînée a été la première présidente de l’Interact club de son lycée. Elle est ensuite partie étudier en Amérique du Nord et est aujourd’hui membre du Rotary club Winnipeg. Une autre de leurs filles a été présidente du Rotaract club de son université.

 

 

Surnommé « celui qui change la donne »

 

Yinka a été gouverneur de district en 2011-2012 alors qu’il était encore employé par Shell. Cela contrastait avec ses prédécesseurs qui étaient à la retraite ou à à la tête de leur entreprise. 

Lors de sa première réunion avec son équipe de district, il a demandé d’inclure dans leurs propositions ce qui pourrait changer la donne : comment ils procédaient auparavant et comment leur approche allait évoluer. « S’ils n’avaient pas de réponse, la proposition était rejetée. Ils devaient la présenter à nouveau. » Il poursuit : « les gens ont compris que je voulais vraiment quelque chose de différent. On m’appelle celui qui change la donne, mais les idées qui ont permis ce changement ne venaient pas de moi. »

 

 

Il lève 80 000 dollars grâce à un SMS

 

Une partie des efforts déployés par Yinka pour apporter des changements en tant que gouverneur a consisté à utiliser la technologie. Le 1er novembre, premier jour du mois de la Fondation Rotary, il s’est réveillé à 3 heures du matin et a envoyé une demande à un groupe du district via une application de messagerie, demandant aux membres de la plateforme de faire un don à la Fondation ce jour-là, même modeste. Puis il s’est rendormi. Lorsqu’il s’est réveillé quelques heures plus tard, il a fait son propre don et en a publié la preuve. En quelques heures, le groupe avait récolté 80 000 dollars.

Cette année-là, tous les clubs du district ont fait un don à la Fondation, soit près d’un million de dollars.

 

 

Son message présidentiel : Créer un impact durable

 

« Ensemble, nous voyons un monde où les gens se rassemblent et passent à l’action pour apporter un changement durable — dans le monde, dans leur communauté et en eux-mêmes. » Cette année, le Rotary International s’est concentré sur le premier mot, « ensemble », à travers le message Unis pour faire le bien. En 2026-2027, les membres s’attaqueront à la deuxième partie de la vision : apporter un changement durable. 

 

Selon lui, la plupart des Rotariens comprennent facilement l’idée d’un changement durable à l’échelle mondiale. « Ils peuvent vous donner des exemples : notre travail d’éradication de la polio, nos centres pour la paix, nos subventions mondiales. Quand vous évoquez un changement durable au niveau local, ils sont réceptifs, car ils agissent dans leurs villes. Mais chaque fois que j’ai participé à une réunion et que j’ai posé des questions sur le changement durable en eux-mêmes, la salle est généralement devenue silencieuse. »

 

 

Pour développer le Rotary : prendre conscience de l’effet qu'il a sur vous

 

Si les membres peuvent et doivent mesurer l’impact d’une action, Yinka souhaite également que cette idée soit inversée. « Quel impact tout cela a-t-il eu sur vous ? »

 

Il voit comment le Rotary a changé sa propre vie. « J’ai eu une enfance privilégiée, car j’ai reçu une bonne éducation dans un endroit où beaucoup n’avaient pas cette chance. Le Rotary m’a ancré dans la réalité, m’a sorti de mon petit monde ouaté et m’a ouvert les yeux sur les réalités de ma communauté. »

 

Les membres pourraient apporter leur propre témoignage et décrire comment le Rotary a changé leur vie, les a rendus plus humbles ou les a rapprochés de leurs semblables. Yinka les encourage à en parler. « Si nous voulons développer cette organisation, nous devons faire comprendre aux gens en quoi la rejoindre peut avoir un impact durable sur leur propre vie. C’est l’une des choses que j’espère pouvoir communiquer. »

 

 

Le Rotary a fait de lui un diplomate

 

En tant qu’administrateur du Rotary en 2018-2020, Yinka représentait plus de 80 pays et territoires, soit plus d’un tiers du monde rotarien, y compris des pays d’Afrique, du Proche-Orient et de certaines régions d’Europe. Les zones qu’il représentait comprenaient des régions sensibles telles qu’Israël, le Liban, l’Ukraine et l’Afghanistan. « On finit par acquérir certaines compétences », explique-t-il. 

Yinka sera le deuxième président africain du RI : « cela signifie beaucoup pour les habitants de ce continent ; jai l’habitude d’obtenir des résultats. Nous devons obtenir des résultats ». C’est ce qu’il prône dans les Institutes du Rotary : « je leur dit : ‘’Arrêtez de parler. Agissez. Si quelque chose fonctionne quelque part, copiez-le sans vergogne. N'ayez pas peur d’échouer, ayez peur de ne pas essayer !’’. »

 

 

TEXTE DE DIANA SCHOBERG

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