LE ROTARY, UN INTERLOCUTEUR PRIVILÉGIÉ DES NATIONS-UNIES

Magazine 869 - Janvier 2026

Les célébrations du 80e anniversaire de l’ONU rappellent le rôle notoire joué par des Rotariens dans la rédaction de sa charte en 1945. Reconnu par les organisations des Nations unies ainsi que par différentes institutions internationales, le Rotary apparaît comme un partenaire apprécié. Bénéficiant de représentants accrédités auprès d’elles, le Rotary est régulièrement convié à s’exprimer sur son action à travers le monde. Ce statut lui confère une notoriété que peu d’associations disposent.

Image LE ROTARY, UN INTERLOCUTEUR PRIVILÉGIÉ DES NATIONS-UNIES

Ce n’est pas un hasard si la Journée du Rotary de 2025 (Rotary Day) s’est tenue le 11 décembre à San Francisco, ville où fut créée l’ONU. Avec pour thème « Des objectifs globaux, des actions locales », le Rotary International souhaitait non seulement mettre en valeur auprès du public les actions qu’il réalise avec l’engagement de ses 37 000 clubs, mais aussi souligner son rôle dans la naissance de l’ONU. Une influence qui avait débuté au milieu de la Seconde Guerre mondiale.

 

Préparer la paix en pleine guerre mondiale

En 1942, alors que l’issue de la guerre est encore incertaine, un district anglais organise à Londres une conférence à l’intention des ministres de l’éducation et des observateurs de 21 gouvernements - dont la majorité en exil - afin d’étudier un ambitieux projet d’échanges éducatifs et culturels. Les travaux de cette rencontre servent à la fin de la guerre à la création de l’Unesco, agence onusienne dont les statuts sont élaborés par cinq commissions, dont la première est présidée par le Dr Wallace, Rotarien canadien.

La participation du Rotary se poursuit en avril 1945 lors de la conférence de San Francisco qui officialise la création de l’Onu, en présence de représentants de 50 nations. À cette Conférence sont également conviées une quarantaine d’Organisations non gouvernementales (ONG) ; le Rotary est particulièrement bien représenté avec 11 délégués américains, conduits par Richard Wells, président du Rotary International. Cet effectif augmente dans les semaines qui suivent, et l’on compte 49 Rotariens venus de 29 pays en tant que délégués ou conseillers techniques. Le secrétaire d’État américain – Edward Stettinius – déclare dans le magazine The Rotarian d’août 1945 : « Les représentant du Rotary ont apporté une contribution considérable à la Charte elle-même, en particulier pour l’élaboration des dispositions concernant le Conseil économique et social ». Un long événement historique allait freiner l’élan du Rotary auprès de ces institutions.

 

PolioPlus, l’action qui a ravivé les liens

Après avoir participé à ces actes fondateurs, le Rotary a pris du recul avec les instances internationales du fait de la Guerre froide. Le Rotary étant apolitique, ses relations avec l’Onu et ses agences sont devenues faibles, jusqu’à la décision du Rotary de lancer en 1985 son programme d’éradication de la polio dans le monde, baptisé PolioPlus. Ce programme a été conduit par l’OMS, avec le concours entre autres de l’Unicef. Le Rotary revenait en force auprès des institutions onusiennes. En 1991, le conseil d’administration du Rotary décida d’entretenir des relations permanentes avec les grandes institutions par l’entremise de représentants ( voir l’interview de Cyril Noirtin page suivante).

 

Un partenariat original

Contrairement à la très grande majorité des associations partenaires des organisations internationales, le Rotary a la particularité de ne pas être une association demandeuse de crédits et de financer par lui-même ses propres actions, en particulier à travers sa puissante Fondation ; cette originalité la caractérise et renforce sa représentation au sein de ces assemblées où siègent de nombreuses ONG ainsi que les délégués des États. Présent dans presque tous les pays du monde, agissant sur nombre de domaines en faveur du progrès de l’humanité, le Rotary concourt au rapprochement des peuples et à la paix dans le monde. Pour ces différentes raisons, le Rotary bénéficie du plus haut degré de statut auprès des organisations onusiennes.

Chaque année est organisée au moins une grande manifestation du Rotary dans une enceinte onusienne, mettant en lumière ses travaux. En 2026, ce sera au siège de l’Unesco, à Paris.

 

13 et 14 mars 2026 : forum à l’Unesco

Rotariens et non Rotariens sont conviés par le district 1660 à assister au forum dédié à l’avenir des organisations internationales. « Comment réinventer le multilatéralisme au service de la paix, de la santé et de l’éducation » est le thème de cette rencontre internationale. Le président du RI, Francesco Arezzo sera présent à cette manifestation où s’exprimeront des experts, des diplomates et des dirigeants rotariens. Des précisions sur ce forum sont indiquées en page 5 de ce numéro.

 

La visibilité du Rotary

La représentation du Rotary auprès des institutions internationales permet d’amplifier l’information de son action pour le progrès de l’humanité. Ses relations sont renforcées par les nombreux programmes qu’il entreprend et qui vont dans le sens des buts recherchés par les différentes organisations mondiales. Par son réseau mondial, le Rotary apporte son expertise et son concours à nombre de programmes soutenus par les différentes institutions. Le Rotary conforte sa légitimité internationale.

 

 

CYRIL NOIRTIN, DOYEN DES REPRÉSENTANTS DU ROTARY AUPRÈS DES INSTITUTIONS INTERNATIONALES

La vingtaine de représentants du Rotary International est coordonnée par un doyen. Cyril Noirtin, membre du Rotary club Paris Agora, exerce cette fonction depuis le 1er juillet 2024. Il est le premier non anglophone nommé à ce poste et est également représentant du RI auprès de l’Unesco et de l’OCDE, dont les sièges sont à Paris. Il est également vice-président de la commission de planification stratégique du Rotary International et de sa Fondation

 

Pourquoi avoir créé la fonction de doyen ?

Ce poste a été créé en 2013 sur décision du conseil d’administration du RI qui souhaitait renforcer la présence du Rotary sur la scène internationale. Il s’agissait d’assurer une meilleure coordination entre les représentants du RI auprès des institutions internationales ( OMS, Unicef, FAO etc.) et d’accroître l’efficacité des programmes soutenus par ces représentants.
Le premier doyen a été l’ancien secrétaire général du Rotary International, Ed Futa, qui a effectué son mandat de 2013 à 2018.

 

Quelles raisons ont motivé votre nomination ?

Il est demandé de bien connaître les arcanes du RI et d’être représentant en exercice du Rotary auprès d’une institution internationale. Je suis le représentant principal du Rotary auprès de l’Unesco depuis 2020, après avoir été pendant 15 ans le représentant « alternate ». Stephanie Urchick, présidente du RI en 2024-2025, m’a nommé doyen au début de son mandat.

 

Quelles sont vos missions ?

Conformément aux lignes directrices approuvées par le conseil d’administration du RI, le doyen a pour missions de :

- Être le leader identifié des représentants du Rotary auprès des Nations unies et d’autres organisations.

- Agir à la fois comme conseiller auprès des représentants, et comme promoteur des Nations unies et d’autres organisations auprès du monde rotarien.

- Évaluer le rôle et les responsabilités des représentants et déterminer si des modifications doivent être apportées à la composition du réseau.

- Favoriser une meilleure connaissance du réseau au sein et au-delà de la famille rotarienne.

- Renforcer et approfondir les relations déjà établies.

- Contribuer à examiner, identifier et recommander au président élu du RI la liste des représentants.
- Collaborer avec l’équipe des relations extérieures du Rotary en matière de représentation, planification d’événements, réunions du réseau, budgétisation et rapports d’avancement. Je participe chaque semaine à une réunion d’une heure en visioconférence avec le personnel des relations extérieures du RI.

- Encadrer les représentants du Rotary en veillant à soutenir leurs missions auprès des agences (indicateurs de performance), à collaborer avec les responsables des domaines d’action, à aligner les efforts sur la stratégie du Rotary et à rendre compte régulièrement aux principaux dirigeants du Rotary.

 

Quelle est la nouvelle stratégie du RI envers les institutions internationales ?

À la demande de Stephanie Urchick et de John Hewko, nous avons travaillé l'année dernière sur la mise en place d’une nouvelle stratégie et d’une autre organisation pour les représentants du Rotary auprès des Nations Unies. L’objectif est d’optimiser son impact en alignant sa structure et ses actions sur le Plan d’action du Rotary, tout en renforçant sa visibilité et ses partenariats.

Il est constaté que le représentant du Rotary joue un rôle clé dans la promotion des objectifs humanitaires du Rotary au niveau multilatéral. Cependant, il fait face à des défis : manque de coordination, engagement inégal, manque de concentration stratégique.

Les récentes recommandations clés du RI sont de rationaliser la structure en réduisant le nombre de représentants (de plus de 30 à environ 20) et en remplacer le modèle « représentant principal/suppléant» par des représentants couvrant des organisations spécifiques dans leur région.

Le réseau des représentants renforce les partenariats stratégiques en priorisant les organisations alignées avec les causes prioritaires du Rotary (eau, éducation, santé, etc.) et en collaborant étroitement avec les responsables des domaines d’actions au sein du secrétariat du RI et les groupes d’action du Rotary.

La nouvelle stratégie est d’accroître le nombre de jeunes représentants, qui passe de 2 à 3, et qui sont maintenant répartis à New York, Paris et Nairobi. Il s’agit de renforcer les liens avec les programmes de jeunesse du Rotary et les initiatives de l’ONU.

Enfin, cette nouvelle stratégie vise à améliorer la communication du Rotary :

- mieux faire connaître les activités des représentants au sein du Rotary pour encourager l’engagement des clubs et districts.

- utiliser les Journées du Rotary comme plateformes de plaidoyer et de partenariat, des catalyseurs associant Rotaractiens, partenaires externes et représentants de l’ONU.

Les représentants du Rotary évoluent vers un réseau plus agile, stratégique et unifié, capable de relier l’action locale aux enjeux globaux. Il s’agit de mieux cibler plutôt que de réduire, en renforçant la coordination interne et la visibilité externe de l’action du Rotary.

 

Comment est considéré le Rotary par ces institutions ?

Le Rotary est vu comme un partenaire fiable et efficace. Il est important que le Rotary reste actif auprès de la société civile pour promouvoir les principes de paix définis dans la charte de l’Onu à laquelle il a largement contribué.

 

 

22 représentants du RI auprès des instances internationales

 

Cyril Noirtin :  doyen des représentants et représentant leader auprès de l’Unesco et de l’OCDE

Jean-Marie Poinsard : Unesco et OCDE

Laura Sasse : jeune représentante pour l’Europe à l’Unesco

Rose Cardarelli :  leader pour l’Amérique du Nord Unicef et Onu, New York

Matts Ingemanson : Onu, New York

Christina Wellington : jeune représentante pour l’Amérique du Nord à l’Onu, New York

Michel Zaffran : leader Onu, Genève

Sanela Music : Onu, Genève

Samson Tesfaye Woldetensaie : leader pour l’Afrique OUA et Commission économique de l’Onu

Josephine Ojiambo : Unicef au Kenya et Programme de l’environnement de l’Onu, Nairobi

Lamech Opiyo : jeune représentant pour l’Afrique à l’Onu, Nairobi

Riccardo Angelini Rota : agences de l’Onu à Rome (WFP, FAO, IFAD)

Guido Franschetti : conseiller pour les agences de l’Onu à Rome

Dominque Perron : OMS

Rich Carson : Organisation des États américains

Michel Coomans : Union européenne, Bruxelles

Emma Groenen : Union européenne pour la polio, Bruxelles

Michael Remmert : Conseil de l’Europe

Judith Diment : Commonwealth

Mohamed Delawar : Ligue des États arabes

Manuela Mot : Banque mondiale

Edwin Futa : conseiller senior du réseau des représentants du Rotary

 

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

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