CES ACTIONS QUI FRANCHISSENT DES FRONTIÈRES

01/08/2022 - Magazine n°828 Août 2022

La nature du Rotary est d’être international et d’agir pour l’intérêt général. L’imagination des Rotariens pour servir est sans limite et nombre de projets nés dans un pays ont essaimé à l’étranger, voire dans l’ensemble du monde. Qu’elle soit d’origine anglo-saxonne ou française, l’action exportée renforce l’efficacité du Rotary où qu’il se trouve.

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Des actions de grande envergure et pérennes ont souvent trouvé naissance dans l’imagination d’une seule personne ou d’un Rotary club. La création du Rotary en 1905 n’est-elle pas le fruit de la réflexion solitaire d’un avocat de Chicago, Paul Harris ? Voici quelques exemples significatifs d’exportation de projets dont l’origine n’est pas toujours connue des Rotariens.

 

 

ShelterBox, un concept né en Angleterre

 

 

Il était une fois un Rotarien de Cornouaille, Tom Henderson, ancien officier de la Royal Navy, qui avait été au cours de sa carrière témoin de grandes détresses humaines. Effaré par une catastrophe humanitaire qu’il découvrit à la télévision en l’an 2000, il eut l’idée de créer une organisation capable de fournir au pied levé de grandes malles contenant chacune une tente et du matériel de survie pour toute une famille de sinistrés. Soutenu par ses amis du Rotary club Henston Lizard, Tom Henderson fonda ShelterBox dont la première action fut de livrer 143 boîtes à des victimes d’un tremblement de terre en Inde. Dès 2004, cette association fondée et administrée par des Rotariens anglais put secourir des populations lors de 16 catastrophes. Rapidement, ShelterBox s’est imposé comme un levier indispensable dans les actions de secours à travers le monde et de nombreux Rotariens du monde rejoignirent l’organisation comme bénévoles ou soutiens, avec la participation de centaines de clubs du monde.

Devenu partenaire officiel du Rotary International en 2012, le contrat vient d’être renouvelé pour trois ans lors de la convention de Houston. Sanj Srikanthan, directeur général de ShelterBox, a déclaré à cette occasion : « ce qui a commencé comme une relation locale avec un Rotary club de Cornouailles a conduit à un mouvement international extraordinaire qui a fourni un abri d'urgence à des millions de personnes dans le monde ».

 

 

 

Le Ryla, mis en place en Australie

 

Imaginé par le Rotary International, le séminaire de formation à la responsabilité professionnelle, connu sous l’acronyme Ryla (Rotary youth leadership awards), a été organisé pour la première fois par des Rotariens d’Australie. En 1959, un district du Queensland réunit 300 jeunes pendant plusieurs jours afin de leur apprendre des techniques de management lors d’un séminaire animé par des professionnels aguerris et des spécialistes du coaching. Les jeunes de 20 à 30 ans sont des étudiants en fin de cycle, des demandeurs d’emploi ou des personnes qui débutent dans la vie professionnelle. Tous ont besoin d’approfondir leurs capacités en vue de devenir responsable dans leur secteur d’activité. Depuis, au cours de ce séminaire basé sur un thème tel que l’éthique professionnelle ou le respect de l’environnement, les jeunes débattent en groupes sur des problématiques d’entreprises, proposent des solutions, encadrés par des cadres ou des dirigeants d’entreprise.

Cette expérience australienne a entraîné un engouement tel que ce programme a essaimé dans la plupart des districts du monde. Certains Ryla sont même organisés par des clubs. Ces dernières années, 50 000 jeunes participent chaque année à ce programme dans le monde.

 

 

Les CIP, une idée franco-allemande

 

Les Comités interpays du Rotary représentent de nos jours les liens les plus affirmés pour rapprocher les Rotariens de différents pays. Source d’amitiés internationales, vecteur de réalisations de projets, les CIP puisent leur origine dans une initiative prise en 1931, à travers la création du Petit comité franco-allemand. La rencontre à La Haye de la délégation française conduite par le président du Rotary club Paris - Georges Bernardot – et de la délégation germanique dirigée par l’ancien gouverneur Otto Büller, a mené à créer ce qui est considéré comme le précurseur des CIP.  Aujourd’hui, les Comités interpays existent dans près d’une centaine de pays, entreprennent des rencontres amicales, culturelles et réalisent des actions d’intérêt public, appuyées fréquemment par des subventions mondiales de la Fondation Rotary.

 

 

Mon sang pour les autres, de Toulouse à l’Afrique

 

Cette action qui consiste à aider l’Établissement français du sang (EFS) à entreprendre des collectes auprès du public a été initiée en 1998 par des Rotary clubs de l’agglomération toulousaine. Les Rotariens participent à la communication et au déroulement de ces journées de don du sang, apportant un soutien logistique et en bénévoles indispensable. Cette action s’est développée à travers toute la France et l’on compte chaque année 130 opérations de collectes qui mobilisent 3 500 membres des clubs Rotary, Rotaract et Inner Wheel. Les résultats très encourageants de ces démarches ont incité plusieurs pays francophones à reproduire ces opérations. Des collectes « Mon sang pour les autres » sont organisées dans les pays suivants : Algérie, Bénin, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Gabon, Mali, Maroc, Sénégal, Togo et Tunisie. Que de progrès depuis la première opération lancée à Toulouse !  Par ailleurs, dans le cadre du « Rotary action group for blood donation » du Rotary International ,  un groupe Facebook dédié a été créé *. « Son objectif est de fédérer les Rotariens du monde entier impliqués dans le don du sang. Il regroupe actuellement 4 700 membres de 145 pays et publie quotidiennement des informations sur les collectes rotariennes » explique Jean-Claude Brocart, membre du Rotary club Toulouse Ovalie, l’un des initiateurs de l’opération.

 

Espoir en tête franchit le Quiévrain…

 

La diffusion en avant-première d’un film grand public dans le but de financer du matériel de recherche sur le cerveau est une initiative des districts de France, prise lors du centenaire du Rotary en 2005. Renouvelée chaque année, l’opération Espoir en tête permet d’attribuer environ un million d’euros, partagés au profit de quatre ou cinq équipes de chercheurs en neuroscience. « Cette action est à présent entreprise en Wallonie et au Luxembourg » explique Jean-Pierre Remazeilhes membre du Rotary club Carmaux, réélu président d’Espoir en tête pour la période 2022-2025. Une tentative d’étendre cette opération à l’Espagne n’a pas abouti, ce qui montre la complexité d’exporter certains concepts.

 

 

…Jetons Cancer aussi !

 

L’idée conçue en 2015 par le Rotary club Évian Thonon d’organiser une collecte de fonds, une journée par an, dans des supermarchés, s’est répandue dans tout le territoire français. Le concept est simple : proposer aux clients un jeton de chariot de supermarché en échange d’un euro ou plus, afin d’offrir du matériel de recherche contre le cancer (voir article dans ce numéro en pages 52-53). « Pour la première fois, des Rotariens de Belgique se sont impliqués cette année dans l’ opération, sous la conduite du Rotary club Herstal, situé près de Liège. » explique Alain Desplanques, membre du Rotary club Évian Thonon, initiateur de Jeton Cancer. Une opération qui est appelée à s’étendre à d’autres pays, compte tenu de son aspect fédérateur, de ses résultats encourageants et de la relative simplicité de sa mise en œuvre grâce au travail réalisé par ses concepteurs.

 

Une dictée pour lutter contre l’illettrisme

 

Afin de soutenir des actions de lutte contre l’illettrisme, des Rotariens de France ont organisé des dictées rassemblant un large public, de tous les âges, dont le but est double : sensibiliser la population à l’illettrisme qui touche toutes les sociétés, et apporter des contributions à des actions de lutte contre ce fléau. Devenue nationale, cette dictée a essaimé dans d’autres pays, et les dernières éditions, en visioconférence, ont vu des candidats concourir de partout, notamment au Maghreb, au Québec et en Afrique subsaharienne. Tout amoureux de la langue française, où qu’il se trouve dans le monde, a la possibilité de participer à cette épreuve. «  En 2022, 28 pays sont représentés contre 22 l’an dernier » précise Jean Marzuk, membre du Rotary club Marseille Saint-Victor, en charge de l’organisation de cette manifestation.

 

 

Les canards en plastique voguent partout

 

Au-delà de toutes ces actions ciblées qui ont franchi des frontières, il existe un moyen devenu planétaire de collecter des fonds pour toutes sortes de projets : la duck race. Imaginée à Strathalbyn, petite localité du sud de l’Australie, cette course de canards en plastique qui se déroule le long d’un cours d’eau permet de collecter des sommes d’argent conséquentes auprès du public, au profit de causes. Un moyen de lever des fonds qui a été propagé par des Rotariens d’Australie, à travers le Commonwealth puis dans le monde entier.

 

 

Les meilleures idées des Rotariens trouvent un écho dans d’autres clubs, dans différents pays, voire dans le monde. Dans bien des domaines, les Rotariens ont précédé la mondialisation, dans l’esprit de servir et rapprocher les humains. Rotariens de tous les pays, inspirez-vous mutuellement !

 

*https://www.facebook.com/groups/2040560996047929

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

 

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