Les droits de douane naissent avec les premières nations, tant ils constituent une source de revenu dont les souverains n’ont longtemps pas pu ou voulu se passer. Ce n’est qu’avec les économistes prônant le libre-échange au début du XIXe siècle, tel David Ricardo qui imagine l’avantage comparatif, encore valable de nos jours, que l’on voit leur remise en cause se formaliser. Tellement qu’au XIXe siècle, ceux-ci fluctuent au gré des politiques. C’est un constat on ne peut plus simple : des droits de de douane élevés n’ont jamais favorisé le développement des pays qui les appliquent, alors qu’à l’inverse, la baisse voire la disparition de ceux-ci ont systématiquement engendré une forte croissance et un enrichissement généralisé.
TEXTE DE MATHIEU POMMELLET
Les droits de douanes sont un impôt à l’importation, une taxe prélevée sur une marchandise, à ne pas confondre avec la TVA à l’importation. Cette dernière, collectée et déduite pour celui qui s’en acquitte, n’est donc pas à proprement parler un droit de douane. Les droits de douane sont à la base du protectionnisme. Les sociétés d’ancien régime sont soumises à une forme de protectionnisme interne qui disparaît au XIXe. Cette interdiction de la taxation d’une région à une autre, mise en place en France tout au long du XVIIIe siècle et notamment sur les céréales, a eu pour conséquence de faire baisser les prix du pain, base de l’alimentation, et donc de faire diminuer famine et disette. Ce système se généralise à toute l’Europe ; déjà mis en place en Angleterre, il contribue à faire du pays le berceau de la révolution industrielle.
Les premiers théoriciens de l’économie, tels Adam Smith ou David Ricardo, démontrent l’intérêt du libre-échange au détriment du protectionnisme. Cependant, au XIXe siècle, les pays à l’industrie naissante, comme les États-Unis ou l’Allemagne, commencent à théoriser le protectionnisme et à vouloir en montrer son intérêt, l’idée étant de protéger une industrie embryonnaire contre les importations de Grande-Bretagne, pays qui avait pris de l’avance dans l’industrialisation.
Si la protection de l’industrialisation à son stade premier semble un argument, elle ne se vérifie que peu. Quant à l’utilité des droits de douane, elle est plus que contestable et arrive la plupart du temps à l’inverse de ce qu’elle cherche à obtenir. C’est ce que l’histoire nous enseigne, et ce que le monde contemporain ne tarde jamais à enseigner : le protectionnisme est une arme dérisoire et inutile.
En 2025, la question est plus que jamais d’actualité avec la politique américaine ; commençons par évoquer l’histoire du protectionnisme américain...