DES PUITS TRANSFORMENT LE QUOTIDIEN DE 10 000 MALGACHES
Depuis 2023, sous l’impulsion du district 9220 (océan Indien francophone), une dynamique redonne vie aux zones rurales de Madagascar. Avec 200 puits déjà construits et une extension majeure prévue à Tamatave, le programme « Les Puits de l’espoir » s'impose comme un modèle de développement durable.
Sous le soleil impitoyable de la région d'Analamanga, le silence de la brousse est rompu par le rythme régulier et sourd des coups de pioche. Ici, pas de machinerie lourde ni de foreuses industrielles. La conquête de l'eau se fait à la seule force des bras.
Dans les entrailles de la terre rouge
L’identification du lieu de construction est la première étape d'une aventure humaine et physique hors normes. Dès les premiers coups de pelle, les puisatiers locaux affrontent la latérite, cette terre rouge malgache, dense et tenace. Jour après jour, les hommes creusent, souvent à plus de dix ou quinze mètres de profondeur. Suspendus au bout d'une corde, dans une chaleur étouffante et une obscurité grandissante, ils extraient la terre seau par seau, remontée à la force des poignets par leurs coéquipiers restés à la surface.
Les lourdes buses de béton qui tapisseront et sécuriseront les parois du puits sont descendues et ajustées à la main, exigeant une coordination parfaite et une vigilance de chaque instant. Et puis, soudain, c'est la délivrance : la terre s'humidifie, l'eau jaillit enfin. Le sourire illumine les visages épuisés des travailleurs. Ce miracle quotidien, répété 200 fois à travers les terres de Madagascar, dessine aujourd'hui une véritable cartographie de la solidarité.
L’eau, l’hygiène et la santé
L'inauguration d'un point d'eau est toujours un moment de fête vibrante et de dignité retrouvée pour les communautés locales. En installant ces puits, le district 9220 ne se contente pas d'apporter un liquide précieux à plus de 10 000 personnes ; il lutte activement et directement contre les maladies hydriques (diarrhées, choléra, parasites). Dans ces zones isolées, cette eau souillée était jusqu'alors la première cause de mortalité infantile. La construction s'accompagne d'une éducation à l'hygiène, créant un cercle vertueux.
Jacky Latchoumaya, coordinateur du projet, témoigne aux côtés du gouverneur 2025-2026 Bernard Leong-Son : « Notre mission dépasse la simple construction technique. Avec "Les Puits de l'espoir", nous bâtissons une infrastructure de survie. Chaque puits est une promesse tenue envers les générations futures. Parce que nous connaissons la sueur que demande chaque ouvrage de terre, nous mettons un point d'honneur à utiliser des outils comme notre site internet de suivi, pour prouver que chaque euro investi arrive directement au robinet de ceux qui en ont besoin. »
Une nouvelle vie commence
Pour comprendre l'impact de ces efforts, il suffit d'écouter les mères de famille des villages bénéficiaires : « Avant, je passais trois à quatre heures par jour à marcher jusqu'à la rivière sous une chaleur écrasante pour rapporter quelques litres d'eau trouble. Mes filles ne pouvaient pas aller à l'école régulièrement car elles devaient m'aider à porter les seaux. Aujourd'hui, le puits est à cinq minutes. L'eau est claire, fraîche. Mes enfants ne tombent plus malades. Ce temps gagné, je l'utilise pour mon petit commerce et pour veiller sur l'éducation de mes filles. C'est une nouvelle vie qui commence. »
2026 : le défi de la reconstruction à Tamatave
Le district 9220 a annoncé la suite des opérations. L'année 2026 sera marquée par une intervention d'urgence et de développement dans la région de Tamatave, durement frappée par le cyclone Gezani.
Dans cette zone où les infrastructures ont été dévastées, 20 puits supplémentaires seront construits prioritairement. Ce projet spécifique va restaurer l'accès à l'eau potable dans un contexte de crise climatique, renforçant la résilience des populations locales face aux catastrophes naturelles.
Le projet « Les Puits de l’espoir » est la preuve que l’action collective peut changer le destin d’un pays.
Contacts :
Sébastien Mariotti : ms.resilience.durable@gmail.com
TEXTE DE SÉBASTIEN MARIOTTI*
*Assistant du coordinateur de l’image publique de la région 26 du Rotary (Afrique francophone) 2025-2028. Membre du Rotary club Saint-Denis La Montagne.
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