FAITES CONNAÎTRE LE CONCOURS D’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE

01/08/2022 - Magazine n°828 Août 2022

Chaque année, les étudiants de France sont invités à participer à un concours de dissertation par les districts, dont le thème porte sur l’éthique au sein d’une profession. La grande diversité des études suivies par les candidats est source d’un vaste éventail des sujets traités. Les lauréats des districts participent par la suite au concours national récompensant des jeunes qui portent des valeurs prônées par le Rotary.

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Ubérisation du travail, assistants vocaux numériques, influenceurs, désobéissance militaire, intelligence artificielle, neurosciences …les sujets traités dans le cadre de l’éthique professionnelle reflètent l’actualité et le profil des étudiants. La richesse des candidatures repose sur une promotion efficace entreprise par les districts au sein des universités et grandes écoles. Marie-Michèle Brun, membre du Rotary club Saint-Étienne et coordinatrice de ce concours pour le district 1710, témoigne sur la communication réalisée dans ce cadre.

 

Rotary Mag : Pour quelles raisons avez-vous été sollicitée afin de promouvoir ce concours ?


M-M.B : J’ai toujours été très intéressée par l’éthique professionnelle et c’est d’ailleurs un domaine que j’enseigne depuis plusieurs années à l’École des Mines de Saint-Étienne. Le développement de ce concours a donc beaucoup de sens pour moi. Pour le promouvoir dans les différentes écoles et universités, nous abordons l’éthique d’un point de vue académique, mais aussi pratique, en évoquant la réalité du terrain. Mon parcours professionnel au sein d’un grand groupe et mon activité de thérapeute m’aident beaucoup dans cette mission.

 

Quel accueil recevez-vous lorsque vous contactez universités et grandes écoles ?

Le fait que ce concours, initié par les districts de France il y a 18 ans, soit coorganisé avec la Conférence des grandes écoles, sous l’égide de l’Unesco, est un atout qui nous ouvre de nombreuses portes et nous permet d’être toujours très bien accueillis.

De plus, l’enseignement de l’éthique est devenu obligatoire dans de nombreuses formations, comme la médecine ou certaines écoles d’ingénieurs, et se développe dans beaucoup d’autres, ce qui facilite notre démarche. Le terrain est désormais davantage balisé. 

 

Dans votre district, comment assurez-vous le lien avec les filières d’enseignement ?

D’une part, au fil des années, j’entretiens des relations personnalisées avec plusieurs responsables pédagogiques, et j’ai eu l’occasion de les convier à une réunion statutaire du Rotary club Saint-Étienne. D’autre part, il y a dans chaque université ou grande école une personne dédiée aux questions d’éthique avec qui je suis en contact tout au long de l’année. Cela permet d’annoncer les différentes étapes du concours et de les solliciter le moment venu.

 

Comment procédez-vous pour que de nouveaux établissements soutiennent ce concours ?

Les membres du jury, mais aussi ceux des clubs, font souvent appel à leur réseau universitaire, ce qui permet de renouveler non seulement les correcteurs, mais aussi les établissements. C’est ainsi que l’École de santé des armées de Lyon participe depuis trois ans au concours. 

Les Rotaractiens représentent aussi un très bon vecteur de diffusion, dans la mesure où beaucoup d’entre eux sont étudiants. 

Pour ma part, je me rends dans les établissements afin de rencontrer le responsable des questions d’éthique et expliquer les modalités du concours. Une affiche, récemment revue, est ainsi distribuée pour informer les potentiels candidats. Le renouvellement constant des

étudiants exige une promotion régulière de ce concours, d’où l’incessante communication à poursuivre.

 

Comment enraciner ce concours au niveau du district ?

L’implication du gouverneur est déterminante dans la mesure où il a la possibilité de fixer les sommes attribuées aux lauréats et l’opportunité de donner une place de choix à la remise des prix lors d’un événement rotarien. Dans le district 1710, elle a lieu lors de la Conférence de district. 

Certains vainqueurs remportent par exemple 1000 € au niveau du district et 2000 € au niveau national. Ces sommes sont motivantes pour les étudiants, qui peuvent également valoriser leur CV grâce à ce prix du Rotary.

De plus, le prestige de la cérémonie de remise des prix favorise l’attrait de ce concours : le port de l’uniforme des étudiants du service de santé des armées offre par exemple une solennité appréciée.

Il est important de rappeler que le respect de l’éthique dans le travail est un vecteur de paix dans ce monde instable. La jeunesse est très sensible à cette question, comme en témoigne le nombre croissant de candidatures au concours.

 

Les présidents de club et les adjoints des gouverneurs (ADG) ont également un rôle important dans la promotion de ce concours, en invitant et en associant par exemple les lauréats et les correspondants de ce concours lors d’un événement rotarien.

 

Le lien entre l’éthique professionnelle et le Rotary est-il perçu à travers ce concours ?

La portée de ces prix dépasse les promotions actuelles d’étudiants ; ces jeunes sont les décideurs de demain, et donc de potentiels futurs Rotariens. Par ce concours, nous ne touchons pas uniquement les étudiants, mais aussi leurs familles, des enseignants, des responsables d’entreprise et des membres du jury. Ce concours apparaît comme un formidable point d’entrée au Rotary. Même si le Rotary n’est pas connu de tous, il le devient sous un aspect très favorable qui peut balayer certains clichés.

 

Au niveau national, comment pourrait-on renforcer la communication sur ce concours ?

Depuis plusieurs années, j’ai le plaisir de coanimer la remise des prix nationaux avec Anne-Marie Borderie sous la présidence de Pierre Jachez. C’est toujours un moment solennel où la portée émotionnelle et l’impact médiatique sont au rendez-vous.

 

Nous formulons donc le souhait de pouvoir retrouver cette possibilité en présentiel, d’autant plus, que même dans le contexte de la pandémie, les étudiants ont été toujours au rendez-vous et ont présenté des réflexions originales.

 

La promotion et la communication sur ce concours sont l’affaire de chacun. Alors soyons tous, à notre niveau, à notre façon, des ambassadeurs de cette remarquable action.
 

Afin de renforcer la qualité du concours au niveau national et d’en permettre ainsi une meilleure communication, rappelons que ce sont les districts de France qui alimentent les candidatures, par la sélection qu’ils opèrent à leur niveau, et qui participent à son financement.

 

Pour conclure, je dirai qu’à l’instar du philosophe Paul Ricoeur, les étudiants dans leur écrit, nous rappellent comment il est essentiel de vouloir : « Une vie bonne avec et pour autrui dans des institutions justes ». Une définition qui trouve toute sa résonnance dans les valeurs du Rotary.


 

Contact : https://concours.ethique.rotary-cge.org/

 

Une cuvée 2022 originale
 

41 dossiers ont été déposés pour l’épreuve nationale, traitant d’une grande variété de sujets. Ont été sélectionnés :

1er prix : Sarah Douyère (district 1640), « Hospitalisation sous contrainte: une tension entre liberté et sécurité ».

2e prix: Victor Le Bellego (1760), « IA et éthique: un état des lieux ».

2e prix ex aequo : Robin Miquel (1760), « Les paris sportifs ». 
3e prix: Brice Gérardin (1770), « Les limites morales du devoir d’obéissance militaire ».

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

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