LES ÉTUDIANTS ÉPRIS D’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE

Conduit sous l’égide du CODIFAM* et de la Conférence des grandes écoles, le concours national 2020 de la promotion de l’éthique professionnelle est marqué par une forte reconnaissance des sujets portant sur la médecine et le monde militaire.

Image LES ÉTUDIANTS ÉPRIS D’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE

Les sujets proposés à travers la plupart des districts de France au concours national montrent une grande variété des préoccupations des jeunes, qu’ils soient à l’université ou dans une grande école. Une centaine de candidats, sélectionnés par leur district, ont individuellement, par binôme voire à trois, « planché » sur des sujets qu’ils ont choisis.  « L’homme augmenté, une crainte pour un société éthique ? », « Rentabilité et éthique, conciliation impossible ? » ou « L’indépendance de l’audit bancaire, une utopie ? » font partie des essais sélectionnés pour cette finale nationale.

 

Compte tenu de la pandémie, cette finale se déroule par visioconférence, animée par l’ancien gouverneur du district 1680 Pierre Jachez, président du CODIFAM et coordinateur national de ce concours. 

Si les thèmes abordés touchent des domaines aussi divers que l’entreprise, l’environnement, la finance ou la politique, les essais récompensés portent essentiellement sur des sujets qui ont profondément marqué la société au cours des derniers mois.

 

 

La santé au cœur des préoccupations de l’année 2020

 

Cette année restera dans les esprits celle de la pandémie de la Covid-19. Ce n’est pas un hasard si tant de thèmes proposés, dont plusieurs primés, touchent au domaine médical.

« Justice, médecine, prison : un trio à l’épreuve de l’éthique professionnelle » obtient le 4e prix ex aequo. Traitée par Sarah, doctorante en droit, et aussi juriste à la cour d’appel de Douai, cette réflexion porte sur la conciliation entre deux mondes antinomiques : celui qui cause du mal et celui qui apporte du bien. La conclusion de Sarah est que la conciliation est possible précisément par le respect d’une éthique professionnelle. Parmi les échanges entre Pierre Jachez et Sarah figure la question du secret médical en milieu carcéral. Si le secret médical est intangible en France, des exceptions peuvent se présenter en prison.

 

« La discussion éthique dans le cadre d’une décision médicale sur un patient en fin de vie » remporte le 4e prix ex-aequo. Présenté par Nicolas, étudiant en 4e année de médecine, cet essai vise à ramener de l’humanisme dans l’exercice d’une médecine, dans la mesure où le patient apparaît de plus en plus comme un consommateur ; le principe de non abandon permet un accompagnement moral et éthique du patient. L’usage de la sédation profonde continue, qui ne doit pas être confondu avec l’euthanasie, demeure un accompagnement pour soulager la douleur avec humanité et bienveillance.

 

Ce sont également deux étudiants en médecine qui décrochent le 2e prix ; tous deux sont en école de santé militaire et se destinent à une carrière de médecin des armées.

 

 

Le monde militaire à l’honneur

 

C’est sur le thème provocateur « Médecine militaire et conflit de valeurs : Hippocrate saisis ton glaive ! » que Sixtine et Mickaël dissertent sur la valeur d’altruisme du médecin militaire. Celui-ci est amené à accompagner des combattants sur le terrain, à soigner parfois des ennemis qui ont blessé ou tué des amis.  Le praticien des armées n’est pas rattaché à l’ordre des médecins et n’est pas obligé de prêter le serment d’Hippocrate, sauf s’il agit dans le civil. Il doit néanmoins respecter un code de déontologie ainsi que les Conventions de Genève qui régissent les conduites à tenir dans le cadre d’un conflit. Chose méconnue, le médecin militaire a le devoir de s’opposer à une mission si elle n’est pas éthique.

 

Ce sont deux autres militaires qui remportent le premier prix. Sophie et Simon, officiers-élèves à l’École des officiers de la Gendarmerie nationale, sont les auteurs de la réflexion « L’emploi de la force légale dans le cadre du maintien de l’ordre est-il encore légitime ? » dont le texte a été publié dans le dernier numéro de Rotary Mag. Sujet d’actualité compte tenu des violences urbaines subies en France pendant plus d’un an, la réflexion des deux lieutenants porte notamment sur la qualité de discernement de l’officier qui doit s’appuyer sur un cadre éthique et déontologique. La loi ne suffit pas en effet à garantir à elle-seule la légitimité de l’emploi de la force dans une société démocratique.

 

 

L’Europe n’est pas oubliée

 

La seule réflexion récompensée qui échappe à l’univers médical et militaire est « L’Europe et ses lobbies, un besoin éthique à refonder. » Présenté par Aurélie et Victorien, étudiants à Sciences Po Bordeaux, cet essai débute de façon provocatrice : « Pour faire du lobbying, vous devez renoncer à vos principes ! ». On compte actuellement 30 000 lobbyistes auprès des institutions européennes…contre 1 000 il y a 40 ans ; très encadrée de nos jours, la profession d’influenceur concoure à la démocratie européenne dans la mesure où des règles éthiques scrupuleuses sont édictées.

 

Très en phase avec l’idéal rotarien, ce concours promeut le Rotary auprès de futurs décideurs. Si les types d’études supérieures apparaissent très multiples, on peut cependant regretter l’absence des écoles de journalisme ; cette profession soulève de nombreuses questions éthiques dans tous les domaines et aurait toute sa place dans ce grand rendez-vous rotarien avec la jeunesse. Tout concours est appelé à évoluer !

 

 

Rotaract France, acteur du concours

 

Les Rotaractiens de France participent à la promotion de ce concours. La remise des prix est l’occasion de valoriser l’action du Rotaract auprès des lauréats, dont l’âge et l’esprit correspondent à ceux de ce club de jeunes.

 

 

Des Prix symboliques

 

Au-delà de la satisfaction éprouvée et de l’apport gratifiant sur un CV, les récipiendaires perçoivent une somme d’argent :

- 1er prix : 2000 €

- 2e prix : 1000 €

- 3e prix : 750 €

- 4e prix : 500 €

 

 

Contact :   jachezpierre@gmail.com

 

*Amicale des gouverneurs (anciens, actuels et futurs) des districts francophones

 

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON