LA BELGIQUE ET LE LUXEMBOURG : UNE NOUVELLE CARTE

La récente réorganisation des zones rotariennes réunit les clubs de France avec ceux de Belgique et du Luxembourg. En effet, les districts de ces pays font partie depuis le 1er juillet de la nouvelle zone 13. Regard sur les très actifs Rotary clubs d’outre-quiévrain. TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

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Le Rotary International redessine périodiquement les 34 zones du monde en fonction des évolutions des effectifs et s’efforce de regrouper au sein de chacune d’entre elles environ 40 000 membres. Le niveau actuel des effectifs en France métropolitaine explique la fusion de ses 18 districts avec les 4 districts de Belgique-Luxembourg.
 


La création d’un 4e district

 

Le nombre de Rotariens belgo-luxembourgeois a peu évolué entre 2010 et 2020 : autour de 10 600 membres, dont plus de 800 pour le Luxembourg. Toutefois, le nombre de clubs est passé de 260 à 283 entre ces deux dates, ce qui signifie que les créations de clubs ont empêché une érosion des effectifs. On observe que la moyenne est de 37 membres par club belge, 60 par club luxembourgeois, contre 28 pour la France.
Jusqu’au 30 juin dernier, les trois districts étaient dessinés sur un axe nord-sud, ce qui signifiait un bilinguisme généralisé. La création d’un quatrième district met fin au caractère bilingue de ces districts : les districts 2130 et 2140 rassemblent à présent les clubs flamands, le district 2150 regroupe les clubs de Wallonie occidentale, le distric2160 inclut les clubs de Wallonie orientale et du Grand-duché du Luxembourg. L’abandon de la transversalité culturelle s’explique par des raisons pratiques. Désormais, « il s’agit d’optimaliser la gestion, la communication et la formation dans chacun des districts devenus unilingues, pour une meilleure connaissance du Rotary; cela devrait favoriser la création de clubs et le recrutement. Il s’agit aussi de mieux promouvoir la Fondation Rotary pour accroître son impact et de tenir compte de l’évolution des spécificités régionales pour renforcer tous les clubs et l’impact du Rotary. », expliquent des rotariens belges.

 

 

Une organisation struturée qui se modernise

 

Les districts de Belgique et du Luxembourg sont réunis au sein d’un organisme multidistricts  dénommé Rotary Belux Service (RBS) pour organiser des services aux districts, aux clubs et à d’autres entités rotariennes. Ces services concernent la communication interne et externe, la formation, l’assistance à la gestion administrative et financière, l’organisation d’évènements particuliers rotariens. Au premier rang des services rendus figure un magazine mensuel, Rotary Contact, qui respecte presqu’au mot près l’équilibre des textes en français et en néerlandais. Le 8 mai dernier est prise une décision historique par Belux Services : l’abandon de l’annuaire papier. Les Rotariens belges et luxembourgeois consultent à présent leur annuaire uniquement numérique via une plateforme qui offre la possibilité de se renseigner suivant le nom, le club, la profession, voire l’entreprise du Rotarien. Des mesures techniques ont été prises afin de limiter les risques de fuites de ces données, en phase avec le Règlement général sur la protection des données (RGPD) de l’Union européenne.

 

 

Des actions multidistricts fortes

 

La Belgique est, en proportion, le pays qui enregistre le plus de décès de Covid-19 au monde. Les clubs se dépensent sans compter dans le combat contre la pandémie, comme le font les clubs de toute la francophonie (voir cahier spécial inclus dans ce numéro). Les Rotariens d’outre-quiévrain fédèrent souvent leurs efforts et leurs moyens pour entreprendre des actions humanitaires d’envergure. Trois associations rotariennes multidistricts sans but lucratif (ASBL), indépendantes de RBS, permettent à leurs donateurs de bénéficier de déductions fiscales, et sont très actives sur l’ensemble du territoire, mais aussi à l’étranger :
-L’ANAH (Association nationale d’aide aux personnes handicapées) apporte des solutions sur nombre de domaines, notamment pour l’emploi.
- HSF (Hôpital Sans Frontière) récupère, auprès des hôpitaux et des professions (para)médicales, le matériel dont ils se séparent pour l’offrir à des centres de soins démunis dans le monde. Des aides ponctuelles urgentes sont également prodiguées lors de catastrophes humanitaires dans le monde.
- RC4D (Rotary clubs for development) est, dans le cadre de la coopération belge au développement, reconnue comme organisation non gouvernementale (ONG) et bénéficie ainsi d’un cofinancement substantiel de la part des pouvoirs publics belges. L’association réalise des projets de développement de localité sur le long terme (eau, éducation, agriculture, formation professionnelle) bénéficiant à plus de 450 000 personnes en République démocratique du Congo.

Beaucoup d’actions de Rotary clubs belges en faveur de pays en voie de développement sont réalisées au Burundi, République démocratique du Congo et Rwanda, pays qui ont conservé des liens étroits avec la Belgique  ; plusieurs Belges ont de plus été élus gouverneurs du district 9150 (Afrique centrale) bien après l’indépendance de ces pays, notamment Roger Gilson qui exerça à deux reprises cette fonction.
De son côté, le Luxembourg a mis en place des associations destinées à recevoir les dons pour les actions des Rotary clubs.

 


De l’imagination pour la Fondation Rotary

 

Dans le cadre d'une convention signée il y a un an entre l’ancien district 1630 et la Fondation Roi Baudouin, les Rotary clubs belges ont testé la mise en place d’une organisation pour développer les dons à la Fondation Rotary et bénéficier des conditions fiscales des fondations. À la suite de l’augmentation des dons à la Fondation Rotary et de l’accroissement du nombre de donateurs majeurs et de membres de la Paul Harris Society, le test est généralisé à tous les districts belges. Les Rotary clubs belges passent du laboratoire d’idées à la concrétisation des actions en faveur de la Fondation Rotary.

Un projet de candidature de Bruxelles est actuellement en préparation. S’il était retenu, la Belgique connaîtrait avec un siècle d’intervalle sa seconde convention du Rotary International, la première ayant lieu à Ostende en 1927. Après tout, Paris a bien obtenu ses seconds Jeux Olympiques juste cent ans après ceux qu’elle a organisés en 1924…
Si la candidature de Bruxelles est retenue, nul doute que tous les districts agiront de concert, valorisant la devise de la Belgique “L’union fait la force”.

 

 

Quelques dates

 

1923 : Premier club belge à Ostende

1927 : Convention du Rotary International à Ostende

1929 : Premier club luxembourgeois à Luxembourg

1968 : Création d’un 2e district

1978 : Création d’un 3e district

2020 : Création d’un 4e district

 

 

Zone 13 en chiffres

 

Belgique : 9 800 Rotariens( soit 1 Rotarien pour 1200 habitants), 268 clubs

Luxembourg : 840 Rotariens (soit 1 pour 770 habitants), 14 clubs

France, Monaco et Andorre  : 30 500 Rotariens (1 Rotarien pour 2200 habitants), 1080 clubs.

 

 

Deux Luxembourg en un district

 

Le nouveau district 2160 inclut les Rotary clubs du Grand-duché du Luxembourg ainsi que la province belge de Luxembourg dont le chef-lieu est Arlon.
Le Grand-duché a un ratio de Rotariens des plus élevés au monde (1 pour 770 habitants) et la moyenne est de 60 membres par club. Du fait de sa situation socio-économique et du multilinguisme pratiqué au Grand-duché, le recrutement se fait assez aisément. Le club le plus récent est anglophone et compte une vingtaine de nationalités .

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