Le 8 juin 2026 sera célébré le 150e anniversaire de la disparition de George Sand. Les années qu’elle a passées avec Frédéric Chopin à Nohant (Cher) ont inspiré le grand compositeur. De 1839 à 1846, Frédéric Chopin a fait preuve d’une exceptionnelle créativité, et l’on considère que ses œuvres majeures ont été créées dans cette localité berrichonne. De juin à août, des manifestations culturelles de premier plan commémoreront cet anniversaire et rappelleront la richesse des années passées à Nohant par le célèbre couple.
TEXTE D'Yves Henry
1839, Frédéric Chopin découvre Nohant, petit village niché au cœur du Berry, à la fois «pas trop loin de Paris, mais un peu à l’écart” , selon le souhait formulé par la grand-mère de George Sand quand elle cherchait à acquérir une maison “refuge” au moment de la révolution française. Chopin, George Sand et ses enfants arrivent de Marseille, où ils sont restés quelques semaines, le temps de rétablir un peu la santé du compositeur, très éprouvé par les longs mois passés à Majorque durant l’hiver 1838-1839.
Les premières journées à Nohant sont un enchantement pour Chopin. Tout d’abord, la nature qui entoure Nohant lui rappelle sa Mazovie natale, mais, plus important encore, George Sand lui a réservé une surprise merveilleuse qu’il découvre en ouvrant la porte de sa chambre : un grand piano à queue de Pleyel, son facteur préféré, l’attend…
Ce séjour transforme Chopin
Il renaît littéralement à la vie et se remet à composer. Lui qui a tant souffert à Majorque des conditions de vie difficiles et du mauvais piano dont il disposait, trouve à Nohant un cadre idéal pour composer.
Au cours de ce premier été, Chopin compose de nombreux chefs-d’œuvre comme en témoigne cette lettre envoyée de Nohant le 10 août : “(…) J’écris à présent une sonate en si bémol mineur où se trouvera la marche que tu connais. Cette Sonate comprendra un allegro, un scherzo en mi bémol mineur, la marche et un bref final : trois pages, peut-être, de mon écriture. Après la marche, la main gauche joue à l’unisson avec la droite. J’ai composé un nouveau nocturne en sol majeur. Il fera la paire avec celui en sol mineur. J’ai aussi quatre nouvelles mazurkas : une en mi mineur, écrite à Palma, et trois que j’ai composées ici (si majeur, la bémol majeur et do dièse mineur). Elles me paraissent jolies comme leurs enfants les plus jeunes semblent beaux aux parents qui vieillissent.”
Ce premier été passé à Nohant, pour productif qu’il soit pour le musicien, s’assortit également de nombreuses promenades dans la campagne environnante. George Sand aime montrer à Chopin ce Berry qu’elle adore au plus profond d’elle-même, au sein duquel sa grand-mère adorée l’a élevée et où elle reviendra avec toujours autant de joie jusqu’à sa mort. Chopin préfère sans doute le calme de sa chambre mais se montre un compagnon plaisant et enjoué, tout heureux d’avoir trouvé en ce lieu les conditions idéales pour composer : le calme, du temps et un beau piano de Pleyel. Lui qui n’avait accouché que de quelques pages de musique pendant les longs mois passés à Majorque remplit à Nohant des cahiers entiers...