DES ÉTUDIANTS EXPRIMENT LEUR VISION SUR L’ÉTHIQUE PROFESSIONNELLE
Le concours national d’éthique, créé en 2004 par les districts de France, a pour objet d’inviter les étudiants de l’enseignement supérieur (niveau Bac+5 et/ou en début de parcours professionnel) à réfléchir sur le rôle de l’éthique professionnelle en se projetant dans l’avenir, dans l’entreprise et la société dans lesquelles ils seront amenés à évoluer comme professionnels et comme citoyens. La remise des prix 2026 a eu lieu le 10 juin.
La Conférence des Grandes Écoles qui regroupe des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, a rejoint cette initiative rotarienne dès 2005 et en est devenue coorganisatrice.
Outre des prix remis dans chaque district, des prix nationaux et des distinctions diverses (mentions, diplômes) sont décernés lors d’une cérémonie placée sous le haut patronage de la Commission nationale française pour l’Unesco. La mobilisation d’établissements, la motivation d’élèves, la recherche puis la correction d’essais est confiée dans chaque district à une équipe (le « jury ») animée par un coordinateur local. Il appartient à ce jury de proposer l’attribution de prix du district parmi lesquels certains pourront être soumis au jury national.
L’IA au cœur des réflexions
La présentation du palmarès et la remise des prix 2026 ont eu lieu à Lyon. Dans son discours d’ouverture Marie-Michèle Brun, ancienne gouverneure du district 1710, a rappelé les liens entre le Concours et les démarches rotariennes : soutien aux jeunes, liens avec les établissements d’enseignement. C’est de l’application concrète du Critère des quatre questions qu’il est question. L’Éthique en action ! Pierre Jachez président du jury national du Concours et maître de cérémonie pour l’évènement du jour, a mis en exergue les points forts des 29 essais reçus au niveau national :
- - La quasi-totalité des essais font référence à l’IA ;
- - Les ingénieurs, discrets ces dernières années, sont présents en force pour des questionnements sur les contraintes industrielles, les contraintes économiques ;
- - L’éthique animale fait son entrée.
La justice et la politique ne sont pas en reste et les problèmes de notre société sont scrutés avec pertinence, voire impertinence par une jeunesse sans concession ; jeunesse avec laquelle nous devons ouvrir des pistes de progrès. Sortons du cadre pour séduire la jeunesse !
Des lauréats aux profils divers
Pour l’édition 2026, 15 diplômes, 10 mentions et 4 prix ont été décernés.
- - Premier prix : Ali Anar Institut, Mines-Telecom Business School Evry, pour l’essai « Le Droit à l’inexpérience : plaidoyer pour une éthique de la transmission à l’ère de l’automatisation cognitive. »
- - Second prix : Matteo Quintaneiro, Mines Saint-Étienne (Campus Provence Gardanne), pour l’essai « Concevoir ce que l’on pourra défaire : pour une souveraineté numérique de la réversibilité ».
- - Troisième prix : Coralie Curtet, Arts et Métiers Lille, pour l’essai « Créer, puis regretter : jusqu’où l’ingénieur est-il responsable des usages finaux de ses innovations ? »
- - Quatrième prix : Camille Lys, Écoles Militaires de Santé des Armées – Bron, pour l’essai « De l’Homme au soldat de demain : l’éthique du médecin militaire à l’ère de l’intelligence artificielle »
Être un décideur éthique de demain n’est pas renoncer à l’IA
Le premier prix aborde l’éthique professionnelle sous l’angle du parcours d’apprentissage et de la transmission intergénérationnelle dans les métiers du conseil, de l’audit et des technologies, à l’ère de l’influence des systèmes d’Intelligence artificielle.
En tant qu’étudiant en grande école de management et futur diplômé destiné à ces métiers, l’essayiste est parti de la position du « junior » dont les tâches d’entrée de carrière sont précisément celles que l’IA automatise en priorité. Cette mutation ne constitue pas seulement un enjeu technologique du responsable des ressources humaines, mais soulève un questionnement éthique majeur. Si l’on supprime les expériences formatrices du début de parcours, on brise l’échelle des compétences et l’on met en péril la capacité future des décideurs à juger, à vérifier et à assumer leurs responsabilités. La démonstration vise ainsi à définir les conditions d’une « responsabilité augmentée » des manageurs et du renouveau du « pacte de transmission » entre juniors et seniors.
Être un décideur éthique de demain n’est pas renoncer à l’IA, mais refuser qu’elle devienne le prétexte à une démission de l’intelligence humaine et de la responsabilité.
Un appel aux clubs pour les éditions futures
En conclusion de la cérémonie est lancé un appel à la mobilisation des districts, et donc des clubs pour contribuer à renforcer la démarche du Concours, en ligne avec les fondements du Rotary.
Contact : concours.ethique.rotary-cge.org
TEXTE DE JEAN GRENIER