PEUT-ON SE PASSER DES ALIMENTS ULTRATRANSFORMES ?
Ces dernières années, plusieurs études scientifiques ont prouvé leur nocivité pour la santé : obésité, diabète, dépression… Les États peinent pourtant à encadrer leur production. Pour le moment, ce sont les consommateurs qui doivent assumer les risques. TEXTE DE RAPHAEL BAQUE
Biscuits apéritifs, chips, sauce ket chup, nuggets de volailles, plats prêts à consommer, pains de mie industriels, céréales du petit déjeu ner, yaourts aromatisés, sodas, jus de fruits reconstitués… La liste des aliments ultratransformés (AUT) est interminable. Ils sont omniprésents dans tous les rayons des super- et hypermarchés, représentant plus de 60 % des produits emballés en vente et comptant pour 35 % de l’apport calorique moyen des Français, selon les données de
la cohorte épidémiologique NutriNet-Santé. Les AUT sont obtenus grâce à des processus de transformation physico-chimiques industriels (fractionnement, soufflage, cuisson-extrusion, hydrogénation…) et par l’ajout d’additifs, d’édulcorants, d’émulsifiants, d’exhausteurs de goût et d’arômes artificiels qui modifient la texture, le goût et la durée de conservation des aliments bruts. L’objectif étant de les rendre plus appétissants, plus standardisés, faciles à préparer, de prolonger leur conservation et de les mettre en vente à bas prix. Leur consommation a commencé à se massifier dans les pays les plus riches de la planète à partir des années 80. Entre 2009 et 2023, le marché des AUT à l’échelle mondiale est passé de 1 500 milliards à 1 900 milliards de dollars. Rien ne semble arrêter la progression de leur vente. Même leurs conséquences nocives pour la santé...
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