La fin de vie, une réflexion pour chacun

Lorsque la fin de la vie parait inéluctable, faut-il abréger la vie ou les souffrances ? Le médecin, professionnel de santé, ne se pose pas la question : le serment d’Hippocrate qu’il a prêté en fin d’études ne l’autorise pas à donner la mort. Le rôle du médecin est de diagnostiquer des affections atteignant l’humain et de les traiter dans la mesure des moyens à sa disposition. La pharmacopée offre suffisamment de possibilités pour déconnecter un malade de la triste réalité et lui épargner les affres d’une fin de vie toujours mal vécue par lui-même et son entourage. Le malade ne demande, en général, pas que l’on mette fin à sa vie pour abréger ses souffrances ; il souhaite, au contraire et avec insistance, que l’on calme ses éventuelles douleurs et que, dans la mesure du possible, on prolonge sa vie et qu’il soit accompagné. TEXTE DU DR JACQUES DI COSTANZO

Image La fin de vie, une réflexion pour chacun
Il est parfois difficile de définir ou d’apprécier, avec précision, la fin de la vie. Fin de vie est un euphémisme qui signifie que l’on va mourir, dans des délais plus ou moins brefs et que ce passage est définitif. Si pour un médecin le diagnostic et le pronostic ne font généralement pas de doute, il en va autrement pour le « commun des mortels » qui garde toujours l’espoir d’une « survie » à court ou moyen terme si, toutefois, il conserve toujours sa conscience. Dans mon expérience personnelle, aucun malade en fin de vie ne m’a jamais demandé de mettre fin à ses jours pour abréger ses souffrances ; tous gardaient l’espoir, profondément ancré au fond d’eux-mêmes, de survivre. Hors syndrome dépressif majeur, l’instinct de survie prime chez tout être humain ; il est consubstantiel à la nature de l’homme.
Dans cette éventualité, le rôle du médecin est essentiel car il établit un diagnostic et un pronostic. Bien entendu, dans cette éventualité le médecin n’est pas seul ou isolé ; il dispose d’un éventail d’examens complémentaires paracliniques lui permettant d’établir un pronostic avec certitude ; son expérience professionnelle, par ailleurs, le conforte, en général, dans son appréciation.
Les pathologies de mauvais pronostic qui mettent en jeu la vie du malade à plus ou moins long terme et qui ne posent, en général, pas de problèmes de diagnostic ou de pronostics sont : les affections malignes à type de cancer évolué avec métastase ou encore les infections graves généralisées, ou bien les affections cardiovasculaires évoluées ou encore les multi traumatismes, affectant notamment le crâne. La liste des affections graves potentiellement mortelles n’est pas exhaustive...

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