LE CONSEIL DE LÉGISLATION LANCE LES BASES D’UNE NOUVELLE GOUVERNANCE DU ROTARY

01/06/2022 - Magazine n°826 Juin 2022

Parlement du Rotary qui se réunit tous les trois ans, le Conseil de législation a pour vocation de faire évoluer le Rotary International et la Fondation Rotary en modifiant leurs statuts ainsi que les règlements intérieurs. Si l’édition 2022 n’apporte pas de grands changements au sein des clubs, elle ouvre la voie à une à une nouvelle organisation des districts dans le cadre d’un projet pilote.

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Réunissant les délégués élus par les 530 districts du monde, tous anciens gouverneurs, le Conseil de législation s’est déroulé du  9 au 14 avril à Chicago. Gérard Charpentier, membre du Rotary club Toulouse Lauragais et délégué du district 1700, répond aux questions de Rotary Mag en sa qualité de responsable de la formation des délégués français et wallons au Conseil de législation 2022.

 

Comment les délégués des districts sont-ils préparés à participer à ce grand rendez-vous triennal ?

Dans la mesure où l’organisation de ce conseil est complexe, et que les textes proposés sont nombreux et souvent techniques, les délégués reçoivent préalablement une formation. Celle-ci a d’abord lieu en ligne, puis en réunion physique : les 18 délégués des districts de France et les 2 de Wallonie-Luxembourg ont suivi une formation en octobre dernier à Nice à l’occasion du séminaire des gouverneurs élus ( GETS en anglais). J’ai animé cette formation qui s’est révélée d’autant plus pertinente que 17 des 20 délégués n’avaient jamais participé à un conseil de législation. Il s’est agi d’expliquer les procédures très strictes, notamment les temps de parole fort courts auxquels sont limités les intervenants. D’où la nécessité d’être préparé à cette réunion réglée comme du papier à musique.

 

La pandémie a-t-elle perturbé cette édition 2022 ?

Pour la première fois, cet événement s’est tenu de façon mixte : 75% des délégués étaient présents à Chicago pendant que 25% ont participé en distanciel. Nous avons pu admirer les prouesses du personnel du Rotary International qui a assuré le bon fonctionnement technique des visioconférences, avec des traductions simultanées, permettant à plus d’une centaine de délégués éloignés de s’exprimer en temps réel. Beaucoup d’entre eux ont dû participer quatre nuits d’affilée aux réunions compte tenu des décalages horaires ! Les plus grandes précautions ont été prises à Chicago : tous les participants portaient un masque, même en s’exprimant au micro. Un badge avec traceur montrait qui l’on avait côtoyé de près en cas de test positif. L’ouverture du conseil a été marquée par le remplacement au pied levé du président de séance – Kenneth Schuppert – pour cause de Covid-19. Un cas de figure prévu par une organisation méticuleuse !

 

La réorganisation de la gouvernance du Rotary International est-elle en voie de réalisation ?

Il y a quatre ans, Barry Rassin, alors président du Rotary International, avait lancé une grande réflexion sur l’avenir de nos structures d’organisation, celles-ci n’ayant guère évolué depuis des décennies. Il s’agissait de répondre à deux préoccupations majeures que sont la baisse des effectifs dans nombre de pays du monde, et de permettre à de plus jeunes Rotariens d’accéder à des fonctions de responsabilités importantes. Lors de ce conseil, il a été décidé à une large majorité ( 324 voix contre 150), de permettre au Conseil d’administration d’instituer au-dessus des gouverneurs un échelon administratif supplémentaire regroupant plusieurs districts selon une procédure approuvée par les clubs et les districts concernés et de tester un tel projet dans deux zones rotariennes, situées aux îles britanniques et en Océanie. Ce projet mettra à l'essai de nouvelles formules qui peuvent potentiellement améliorer l'efficacité ; régionaliser les programmes, les propositions et les outils offerts aux membres et explorer de nouvelles méthodes pour rendre les postes bénévoles plus faciles à occuper et à tenir.

 

Ces deux zones sont constituées de pays anglo-saxons, dont les effectifs sont en forte baisse. Pourquoi avoir choisi ces zones non représentatives du monde rotarien pour tester le projet ?

Il s’agit effectivement du RIBI ( Rotary in Britain and Ireland) et de la zone constituée essentiellement de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande. Celles-ci ont exprimé leur souhait pour expérimenter ce projet de gouvernance tout à fait novateur. La plupart des délégués français ont manifesté leur inquiétude sur la possibilité de voir disparaître les gouverneurs et les districts à travers cette réorganisation. Les clubs ne seront pas directement affectés par cette éventuelle restructuration, ils resteront quoi qu’il en soit les piliers du Rotary International, et c’est à travers eux que continuera de se dessiner son avenir.

 

Quels principaux amendements adoptés vont transformer les clubs dans leur organisation ?

La notion de DEI ( diversité, équité, inclusion) devient une obligation pour tout club auquel il est demandé d’ouvrir ses rangs à toute catégorie de personnes. Comme le demande la présidente 2022-2023 du Rotary International - Jennifer Jones - les clubs doivent davantage refléter la réalité de la société à travers le recrutement de ses membres, que ce soient l’âge, le genre, la religion, l’orientation sexuelle ou l’éventuel handicap de la personne.

Dans d’autres domaines, il devient possible d’admettre des membres qui ne résident pas ou ne travaillent pas dans la ville de leur club . Toute réunion du comité d’un club doit faire à présent l’objet d’un compte-rendu distribué dans les 30 jours à l’ensemble des membres ; les membres d’un club satellite peuvent appartenir à un autre club que leur club parrain. Les rapports d’assiduité sont supprimés, enfin, les Rotaractiens peuvent désormais siéger aux commissions du RI.

Sur le plan financier, il a été voté l’augmentation de la taxe per capita pour les années à venir : 35,5 $ par semestre en 2022-2023, 37,5 $ en 2023-2024, 39,25 $ en 2024-2025 et 41 $ par semestre en 2025-2026. L’impact de cette augmentation de 17% en 5 ans, due au tassement des effectifs mondiaux et à la baisse de rendement des investissements,  pourra sembler lourd dans les pays dont la monnaie est fluctuante par rapport au dollar.

 

Les clubs français ont-ils proposé des amendements ?

Malgré le travail d’information réalisé par les gouverneurs successifs et les délégués des districts, seuls deux projets d’amendement ont été émis par des clubs français. L’un portait sur l’ajout d’une commission Action professionnelle dans les clubs, l’autre sur la prise en compte des personnes âgées dans le 3e domaine d’action : l’action d’intérêt public. Ces deux propositions n’ont pas été retenues. Nous constatons que la moitié des propositions d’amendements provenaient des clubs d’Inde, du Japon, de Taïwan et du Conseil d’administration du Rotary International.

 

Comment peut-on améliorer l’efficacité du Conseil de législation ?

Depuis six ans , les propositions de résolutions, qui portent sur les améliorations non-inscrites dans les statuts ou règlements intérieurs, sont votées chaque année par voie électronique par un conseil des résolutions, et non plus par le Conseil de législation triennal. Ce changement a permis de consacrer l’ensemble des travaux du Conseil de législation aux amendements. On pourrait améliorer le fonctionnement en regroupant davantage les propositions qui sont proches. Si l’on veut faire évoluer le Rotary, les clubs doivent proposer des amendements : ils le peuvent d’ores et déjà pour la prochaine édition qui se tiendra en 2025. Ils ont jusqu’au 31 décembre 2023 pour le faire, le délégué de leur district est à leur disposition pour les aider. Une formation des gouverneurs et des présidents de clubs me parait indispensable. Rappelons que les membres du Rotary International sont les clubs, et que chacun d’entre eux peut le faire évoluer à travers ce parlement que constitue le Conseil de législation.

 

Une ovation pour l'Ukraine

Le président du Rotary International - Shekhar Mehta - a tenu à saluer Hennadii Kroychyk, un délégué de la ville ukrainienne de Lviv, qui a quitté son pays déchiré par la guerre en suivant un itinéraire compliqué pour rejoindre Chicago et assister au Conseil de législation.

 

PROPOS RECUEILLIS PAR CHRISTOPHE COURJON

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