SAUVER L’ENSEIGNEMENT AU LIBAN : LA TOLÉRANCE EN JEU

Depuis septembre 2020, nombreux sont les clubs réunis par le Rotary club Antony Sceaux qui se battent pour maintenir ouvert le collège francophone de Baskinta, situé dans les montagnes environnantes de Beyrouth. La scolarité de 460 élèves de toutes confessions est actuellement prise en charge grâce à la solidarité rotarienne de nombreux clubs.

Image SAUVER L’ENSEIGNEMENT AU LIBAN : LA TOLÉRANCE EN JEU

Le 16 octobre 2021, le Rotary club Antony Sceaux organise un gala qui couronne son action 2020-2021 en faveur du collège Saint-Pierre de Baskinta. Une action engagée quelques semaines après l’explosion dramatique du 4 août 2020 du port de Beyrouth. Une catastrophe qui aggrave une situation nationale déjà calamiteuse.

 

Dans ce pays historiquement proche de la France, 70% des élèves de toutes confessions suivent un enseignement privé. La scolarité est largement francophone mais dépendante de subventions publiques et des cotisations des parents. L’État ne faisant plus face à ses engagements financiers depuis plusieurs années, il s’ensuit de grandes difficultés pour le système scolaire, alourdies par le fait que les familles ne peuvent plus payer leur part des frais de scolarité. En conséquence, de très nombreuses écoles doivent fermer leurs portes.

 

C’est dans ce contexte que le Rotary club Antony Sceaux se mobilise, en septembre 2020, à l’invitation d’un de ses membres, Maroun Hobeika, ancien élève de l’établissement, afin d’empêcher la fermeture du collège Saint-Pierre de Baskinta.

 

 

Des scolarités prises en charge

 

Cette institution, fondée en 1906 sous l’égide des Frères chrétiens, à 45 km de Beyrouth, reçoit en août 2020 le label « France éducation » du ministère de l’Éducation nationale. Le Rotary club Antony Sceaux se donne alors pour objectif de trouver 150 000 € pour financer quatre trimestres pour les années 2021 et 2022.Une organisation est mise en place, avec le soutien du Fonds spécifique du district 1660, de donateurs, du lycée Sainte-Marie d’Antony, de nombreux Rotary clubs, partenaires, entreprises et de l’Œuvre d’Orient. Cette générosité permet de collecter à fin avril 2021 95 000 €. En conséquence, trois versements couvrant les dépenses du collège jusque fin décembre 2021 peuvent être effectués, l’argent transitant directement vers l’établissement, sans frais et sans « perte en ligne. » 1€ de don, c’est 1€ qui parvient à Baskinta par le circuit de l’Œuvre d’Orient.

 

 

Une action sans considération religieuse

 

Pour servir cette cause, le Rotary club Antony Sceaux fait appel à l’Œuvre d’Orient, association française au service des Chrétiens d’Orient, fondée en 1856 par des laïcs professeurs à la Sorbonne. Son action s’exerce, via les communautés chrétiennes et les congrégations, dans les domaines de l’éducation, des soins et de l’aide sociale, de la culture et du patrimoine, et ceci au profit de l’ensemble des populations, sans considération d’appartenance religieuse. Elle concerne plus de 20 pays, 80% des aides étant néanmoins - conformément à sa vocation d’origine- dirigées vers le Moyen Orient, dont la moitié vers le Liban où elle soutient aujourd’hui 371 projets.

 

 

Une implication qui se poursuit

 

Face à la crise économique qui perdure au Liban, l’action engagée se prolonge. Le 9 octobre 2021, trois membres du Rotary club Antony Sceaux - François Cahuzac, Gérard Guise et Maroun Hobeika - accompagnés du gouverneur du district 1660 Bernard L’Huillier, membre du Rotary club Paris Alliance partenaire de cette action, se rendent à leurs frais au Liban où ils sont rejoints par Ignace Mouawad, ancien gouverneur du district 2452, district couvrant neufs pays du Moyen Orient et du Caucase. Ces Rotariens sont rejoints par Ashot Karapeytan, gouverneur 2021-2022 et son successeur George Azar. Ils rencontrent une trentaine de Rotariens appartenant à cinq clubs, avant de se rendre à Baskinta où ils sont accueillis par l’ensemble de la communauté du collège. Élèves, enseignants, parents d’élèves sont là : un moment très émouvant et une sensation forte, celle d’être accueillis « en sauveurs ». Au Liban, 28 Rotary clubs, francophones et anglophones, travaillent pour le soutien à l’éducation car - comme ils le disent - « ce pilier est celui qui ne doit pas tomber malgré la crise économique » ; ils recherchent activement des contacts avec des Rotary clubs de France pour monter des projets similaires.

 

 

La cause libanaise célébrée en France

 

Au retour en France de la délégation se tient - le 16 octobre- la soirée de gala organisée à Wissous (Essonne) où plus de 180 personnes sont présentes. Le témoignage, ému et très riche, de nos quatre amis Rotariens est reçu avec enthousiasme. La liaison à distance de quelques minutes établie avec Baskinta où sont présents Antoine Dawar, directeur du collège, une enseignante et un parent d’élève, est un autre grand moment d’émotion. La soirée comporte des moments festifs comme le spectacle de danses libanaises offert par l’ensemble « dakbé à Paris », également très applaudi, le tirage de la tombola richement dotée, en particulier par des entreprises et commerces partenaires, et une vente aux enchères animée avec dynamisme par Michel Siboni, commissaire-priseur et Rotarien.

 

 

460 parrains-marraines pour 460 enfants

 

Gérard Guise fait part du nouveau projet conçu pour soutenir sur le long terme les 460 enfants de cet établissement scolaire, grâce au partenariat avec l’Œuvre d’Orient : le parrainage de scolarité qui leur permettra de poursuivre leurs études jusqu’au baccalauréat. Dany Dagher, responsable des parrainages de l’Œuvre d’Orient expose le mécanisme : engagement d’un an à hauteur de 25€ par mois de la maternelle au collège, 35€ par mois pour un élève du lycée, prélèvements effectués par l’Œuvre d’Orient et délivrance de reçus permettant la déduction fiscale de 66%. Faisons en sorte que cet appel soit entendu !

 

Le résultat financier de la soirée du 16 octobre, auquel s’ajoutent des dons reçus, va permettre d’assurer le lien avec la mise en place progressive des parrainages.

 

Comme l’enjeu de cette action dépasse largement les moyens d’un seul club, d’autres s’y sont joints*. La mobilisation de ces 18 mois a permis de sauver, au moins pour un temps, un haut-lieu de l’enseignement francophone, d’inspiration et de tradition chrétienne mais d’esprit laïc (plus de la moitié des élèves de Baskinta sont sunnites ou chiites) et dont le rayonnement va bien au-delà? de la communauté maronite. L’enjeu apparaît donc, dans cette partie du monde où la diversité religieuse et culturelle est fortement menacée, un enjeu de civilisation. Quelle cause pourrait être plus proche des idéaux du Rotary ?

 

 

*Ils ont déjà rejoint cette action :

 

Les Rotary clubs Valence Rovaltain avec son action dédiée « Wine & Smile », Dourdan, Longjumeau, Châtillon Val de Bièvre, Puteaux, Levallois, Meudon, Saint-Nom la Bretèche, Vallée de Chevreuse, Paris Alliance, Paris Tour Eiffel...et, à titre individuel, de nombreux Rotariens d’autres clubs.

 

Contacts:

Mail : rotaryantonysceaux92@gmail.com

Sites : www.rotary-antony-sceaux.fr

https://rotary-action-francophonie-college-baskinta-liban.fr

 

 

TEXTE DU ROTARY CLUB ANTONY SCEAUX