Pollution lumineuse

Comment la lumière artificielle dérègle le vivant

La nuit est la moitié de la vie, mais notre société la considère comme un adversaire. Nous essayons de la dompter et, petit à petit, le noir s'estompe. Pourtant, quand les lumières s'éteignent, de nouveaux mondes s'éveillent. PAR LAURE ESPIEU

Image Pollution lumineuse

 
Identifiée comme un facteur de progrès, venue au secours de nos peurs du noir, la généralisation de l’éclairage artificiel extérieur a permis de prolonger la vie sociale, de faciliter les déplacements. Les premières ampoules ont banni l’obscurité, perçue comme une interruption de la vie, qui nous empêche de produire et de nous divertir. Progressivement, le développement anarchique des enseignes ou publicités lumineuses, de l’éclairage public, des feux tricolores, des phares de voitures, des vitrines, des lieux de spectacles, a fait augmenter la quantité globale de lumière émise la nuit, jusqu’à bondir de 94% en vingt ans. Nos paysages sont désormais enveloppés d’un halo lumineux. Cela produit dans les centres urbains une forme de crépuscule permanent qui a fini par gommer les variations naturelles d’obscurité. Le ciel nocturne n’a cessé de s’éclaircir, et l’expérience universelle de contemplation des étoiles n’a plus aucun sens pour de très nombreux habitants des villes. Un peu partout dans le monde, le confinement a servi de révélateur, ouvrant cette question: l’espace public a-t-il besoin d’être éclairé en permanence, y compris lorsqu’il est absolument désert ? En France, il a été très peu éteint. Pourtant, un «effet confinement» a pu être mesuré, assure Sébastien Vauclair, du bureau d’études DarkSkyLab, avec une baisse de la pollution lumineuse en début de nuit, liée à l’absence de mobilité humaine: plus de phares de voitures, plus d’avions, plus de projecteurs sur les stades de foot...Omniprésentes en temps normaux, ces nuisances touchent quasi ment toute la...

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