L'ORDRE DE LA LIBÉRATION EST ÉTERNEL

La dispartion des derniers compagnons ne signifiera pas la fin de l'Ordre

Évoquer l’Ordre de la Libération renvoie aux heures tragiques que la France a connues en 1940, mais aussi au sursaut qui a permis au pays de faire partie des vainqueurs en 1945. Près de 80 ans après sa création, le message de l’Ordre de la Libération demeure présent. Texte de Philippe Radal

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Ne disposant pas de la Légion d’honneur dont la Grande chancellerie est restée en France occupée, le général de Gaule conçoit alors la création de « l’Ordre de la Libération », directement inspiré des ordres de chevalerie de l’Ancien régime.
Elle est l’expression d’un acte régalien de chef d’État et lui confère un nouvel élément de légitimité. L’admission dans l’ordre est destinée à « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l’œuvre de libération de la France ou de son empire ».

Ses titulaires s’appellent initialement les « croisés de la Libération », intitulé qui figure dans le texte original de l’ordonnance n°7 qui crée l’ordre, signée le 16 novembre 1940 à Brazzaville, en territoire français. En fait, l’intitulé de « compagnon » se substitue rapidement à celui de « croisé », évoquant mieux l’unité et la cohésion de ses titulaires. Une cohésion que renforce le principe égalitaire de l’ordre, qui ne comprend qu’un seul grade et un insigne unique, la croix de la Libération. Cette dernière prend, selon la volonté expresse du général, la forme d’un écu de bronze poli et rectangulaire, portant un glaive en pal, surchargé de la croix de Lorraine, emblème de la France libre. La devise de l’ordre figure au revers de l’insigne : Patriam servandi, victoriam tullit (en servant la patrie, il a remporté la victoire). Son ruban affiche le noir du deuil de la France, le vert l’espérance de la victoire future.

L’ordre, qui protocolairement va devenir et reste le deuxième ordre national derrière la Légion d’honneur, prend réalité le 29 janvier 1941 avec la première promotion de cinq compagnons, qui forment le premier conseil de l’ordre ; sont ainsi désignés l’amiral Thierry d’Argenlieu, qui devient le premier chancelier , Félix Eboué, gouverneur de l’AEF et principal artisan du ralliement du Tchad, le lieutenant d’Harcourt, grand mutilé de 1940, Edmond Popieul, officier de marine et Henry Bouquillart, adjudant des Forces aériennes françaises libres. Dès la première promotion s’affirme ainsi la volonté du général que l’ordre soit représentatif des diverses composantes de la France libre....

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