Parcoursup, aider à réussir son rêve ?

Une véritable gare de triage post-bac

Comment faciliter l’insertion des futurs étudiants dans leur cursus en tenant compte des qualités et des motivations de chacun ? C’est un sujet essentiel tant pour la réussite des générations futures que pour l’équilibre, l’efficacité et la sérénité de notre société de demain. Parcoursup a pour vocation de répondre à ces défis. Texte de François Laroque

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Rarement dix lettres auront fait couler autant d’encre que celles de Parcoursup depuis la mise en place de ce portail à l’issue de loi ORE (Orientation et Réussite des Étudiants) votée le 8 mars 2018. Paradoxalement, le souci de l’égalité qui anime les Français a produit l’un des systèmes d’enseignement les plus inégalitaires qui soient. Dans l’enseignement supérieur actuel, l’ascenseur social reste désespérément coincé au premier étage. Mai 68 et son idéologie libertaire ont leur part de responsabilité, mais le corporatisme, le goût de la centralisation et le tropisme pour l’étatisation y sont aussi pour quelque chose. Le seul mot de « sélection » est un tabou qui, lorsqu’il est prononcé par l’autorité en place, suffit à jeter dans la rue des foules d’étudiants et de lycéens.

Excès de sélection d’un côté (études de santé) aboutissant à une raréfaction de médecins généralistes, absence de sélection de l’autre (lettres et sciences humaines), ont donc l’un et l’autre de sérieuses conséquences économiques et sociales.

Pour remédier au problème des « étudiants sans fac », un recours au tirage au sort a été organisé en 2016, dans les filières « en tension ». Ce tirage au sort a été rendu nécessaire par l’afflux des étudiants, notamment en direction de filières sélectives comme les CPGE (Classes préparatoires aux grandes écoles), les IUT, les STS (Sections techniciens supérieurs qui délivrent les BTS) et les écoles d’ingénieurs. Un tel afflux s’explique à la fois par la loi Jospin de 1989 qui se donnait pour objectif de faire accéder 80% d’une classe d’âge à ce niveau, là où, les meilleures années, les résultats n’étaient au mieux que de 60%. Par ailleurs, le baby-boom de l’année 2000 a fortement accru la pression en 2017. Les résultats ont donc dépassé toutes les espérances de l’ancien ministre de l’Éducation Nationale puisque, toutes séries confondues, le taux de réussite au bac atteint aujourd’hui le chiffre record de 88, 8%. Mais comme l’État n’a pas eu et n’a plus les moyens de payer le prix de sa politique, le revers de la médaille est que l’augmentation considérable de la démographie étudiante (la France compte 600 000 étudiants de plus qu’en 1990) et les images d’amphis bondés ont eu pour effet direct, chez une partie des inscrits à l’université, de provoquer le découragement suivi de l’abandon de la filière ou tout simplement des études...

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