Dans les océans, des ressources minérales stratégiques

Image Dans les océans, des ressources minérales stratégiques

Ils représentent près des trois quarts de la surface de notre planète. Les grands fonds marins, cet univers plongé dans l’obscurité, aux eaux très froides, sont encore largement méconnus. Ils abritent une biodiversité unique dont les scientifiques ignorent presque tout, mais aussi, certains minerais stratégiques. Dans la zone de Clarion-Clipperton, entre Hawaï et la côte ouest du Mexique (Pacifique), on a découvert des petites boules semblables à des pommes de terre à plus de 4 000 mètres de profondeur : ce sont des nodules, riches en fer, nickel, manganèse ou cuivre. D’autres ressources minérales ont été identifiées dans l’Atlantique, l’océan Indien et le Pacifique, sous forme de sulfures polymétalliques ou d’encroûtements. Des ressources sous-marines au centre des débats de la dernière conférence des Nations unies sur les océans, qui s’est achevée le 1er juillet à Lisbonne. Des parlementaires de 42 pays, rejoignant une Alliance d’États du Pacifique, s’y sont prononcés pour un moratoire sur l’exploitation minière des grands fonds. Une position qui a reçu l’appui inattendu de la France par la voix de son président, demandant « d’élaborer un cadre légal pour mettre un coup d’arrêt à l’exploitation des fonds en haute mer ». Plus que jamais, les abysses sont un enjeu stratégique.


Diversifier l’approvisionnement et juguler le monopole chinois


Aujourd’hui, il n’y a pas d’exploitation des ressources minérales profondes. Qu’en sera-t-il demain ? La Chine, la Russie, le Japon, la Pologne, la France,ou de plus petits États comme les îles Cook et la République de Nauru (Pacifique), disposent de permis d’exploration dans les eaux internationales (la Zone) délivrés par l’Autorité internationale des fonds marins (AIFM). À ce jour, on recense 31 permis d’exploration dans les eaux internationales, délivrés à 22 entités publiques et privées par l’AIFM. La France a un permis d’exploration entre les zones de fracture de Clarion-Clipperton, sur un espace de 75 000 km2 contenant des nodules polymétalliques.
Elle a un autre permis le long de la dorsale volcanique médio-atlantique (Atlantique nord) pour l’exploration de sulfures polymétalliques. C’est l’Institut français de recherche pour l’exploitation de la mer (Ifremer) qui gère ces deux contrats. Derrière cet attrait globalisé, il existe divers intérêts stratégiques, dont l’objectif est de « diversifier les sources d’approvisionnement en métaux, alors que certains pays comme la Chine ont une majorité des stocks mondiaux », observe Pierre-Marie Sarradin, responsable de l’unité de recherche Étude des écosystèmesprofonds à l’Ifremer...
 

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