Haendel, compositeur sans frontière

D’origine allemande, naturalisé anglais, parlant quatre langues, le grand compositeur du XVIIIe siècle a rayonné à travers les pays où il a exercé. Opéras, cantates, odes, oratorios, psaumes : son immense production fait de lui l’un des créateurs les plus prolifiques. Œuvres religieuses ou profanes, en allemand, italien ou anglais, toutes révèlent celui qui est pour Beethoven « le plus grand compositeur qui a jamais vécu. » TEXTE DE PHILIPPE GUERIN

Image Haendel, compositeur sans frontière

On a de ce personnage l’image d’un homme ennuyeux à force d’emphase. Romain Rolland l’appelait « le grand ours », mais en soulignant ses qualités d’impétuosité, de rapidité d’exécution, de fécondité créatrice, d’amour de Deu et des pauvres. D’origine silésienne, son père était barbier-chirurgien, attaché au service des armées de Saxe, puis de Suède, puis de l’empereur et enfin au service particulier du duc Auguste de Saxe-Weissenfels.

Huitième d’une fratrie de 10 enfants, il naît à Halle (50 km de Leipzig) le 23 février 1685. Son père a alors 63 ans, sa mère 34.

Son père souhaite que son fils devienne homme de loi, mais lors d’un voyage à Weissenfels, le duc Johann Adolph 1er entend le futur artiste jouer de l’orgue à l’âge de sept ans. Il recommande de ne point contrecarrer la vocation de l’enfant.  

Le père suit ces conseils et conduit son fils chez le meilleur maître de la ville, l’organiste Friedriech Wilhelm Zachow. Celui-ci lui apprend à donner aux idées musicales la forme la plus parfaite. Il montre à Haendel les façons d’écrire et de composer des différents peuples, en même temps que les qualités et les défauts de chaque compositeur. Il lui apprend à jouer de plusieurs instruments : clavecin, orgue, violon, hautbois…. et lui enseigne les bases théoriques de la composition musicale.

L’influence personnelle de l’âme et de l’art de Zachow se ressentira dans les œuvres d’Haendel. À 11 ans, il compose les Drei Deutsche Arien, cantates, sonates. L’année suivante, son père décède. Par respect envers lui, il s’inscrit cinq ans plus tard à la faculté de droit de Halle. En même temps, il trouve un poste d’organiste dans l’église calviniste de la ville, bien que lui-même luthérien et âgé seulement de 17 ans. Peu après, il rejoint Hambourg, ville de l’opéra allemand, où il fait la connaissance de Johann Mattheson, qui écrit des opéras dont il est à la fois le poète, le compositeur et l’acteur. Matheson l’introduit à l’opéra, aux concerts et le présente à Reinhard Keiser, maître incontesté de la mélodie et de la scène. Cette rencontre a une influence déterminante sur sa vocation de compositeur d’opéras. Les musicologues décèlent la griffe de Keiser dans plusieurs œuvres d’Haendel...

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