Il existe une vie (numérique) après la mort

Après le décès de leur propriétaire, de nombreux comptes restent actifs sur les réseaux sociaux, faute de directives. Une façon aussi pour les proches de commémorer le disparu, de garder un souvenir. Or, cette rémanence basée sur les données personnelles du défunt continue de rapporter gros aux géants d’Internet et alimente l’idée d’une vie numérique éternelle. Conserver, transmettre ou supprimer, il est aujourd’hui possible de décider. TEXTE D’AMANDA SANZ

Image Il existe une vie (numérique) après la mort

En 2100, le nombre de profils Facebook appartenant à des personnes décédées devrait se situer entre 1,4 et 4,9 milliards, selon l’étude Are the dead taking over Facebook ? A Big Data approach to the future of death online (« Les morts sont-ils en train de prendre le contrôle de Facebook ? Une approche Big Data sur le futur de la mort en ligne). Carl J. Öhman et David Watson, chercheurs à l’Oxford Internet Institute, ont modélisé l’évolution du réseau social en se basant sur deux hypothèses : dans l’hypothèse A, le réseau social voyait ses inscriptions stagner au niveau du nombre d’inscrits de 2018 ; dans l’hypothèse B, il enregistrait une croissance globale de 13 % par an.

Conséquence de l’absence de directives

Selon la première éventualité, les comptes attribués à des personnes décédées dépasseraient ceux des « vivants » vers 2070. Dans la deuxième, où les inscriptions sur le réseau social continuent à un rythme soutenu, les profils des personnes décédées atteindraient donc 4,9 milliards, sans pour autant dépasser les comptes des personnes en vie. S’il est difficile de savoir ce qu’il en sera réellement, les chercheurs estiment que « Facebook aura indubitablement des centaines de millions d’utilisateurs morts d’ici à 2060, si ce n’est plus tôt ». Un résultat qui reflète d’une part l’appropriation des outils numériques pour manifester le deuil et, d’autre part, l’absence de directives concernant la gestion des données personnelles au moment du décès, laissant aux proches le soin de les gérer... ou pas. Une vie numé- rique éternelle s’installe alors dans un monde réel où la vie physique, elle, a une fin...

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