L'espace peut-il être durable ?

Machine à rêver, mais industrie gourmande en ressources, le secteur spatial doit relever des défis immenses, d’autant plus dans un moment de concurrence exacerbée. Entre bonne volonté, devoir d’exemplarité et débris éparpillés. TEXTE DE MATHIEU ROCHER

Image L'espace peut-il être durable ?

Le 23 avril dernier, quand Thomas Pesquet quitte le sol terrien pour rejoindre la Station spatiale internationale (ISS), le spationaute devient également une nouvelle publicité pour SpaceX. Démarré en 2002, le programme lancé par le magnat américain Elon Musk a connu une réelle forme de reconnaissance l’année dernière quand l’agence spatiale américaine, la Nasa, lui a confié le transport pour relever les équipages de l’ISS. Sa fusée Falcon 9, coiffée du véhicule Crew Dragon, offre des prestations qui allient confort et modernité. Un grand changement pour Thomas Pesquet qui, lors de sa précédente mission en 2016, avait pris place à bord de la vénérable fusée Soyouz, indubitablement robuste et sûre, mais assurément spartiate. Un saut qualitatif largement mis en valeur lors du lancement par une production audiovisuelle haut de gamme, avec caméras embarquées sur toute la fusée et rangée de drapeaux américains au premier plan. Loin des lumières, quelques minutes après le décollage, le premier étage de la fusée revenait se poser discrètement sur Terre. Après nettoyage, il pourra servir à nouveau. Une prouesse technolo- gique, économique et écologique. Un concentré des enjeux qu’affronte le secteur spatial en ce moment.


Le public, première cible


Si elle est concernée, comme toutes les branches de l’économie, par la question des enjeux environne- mentaux, l’industrie aérospatiale se mobilise pour mieux faire comprendre ses actions au grand public, particulièrement sensibilisé aux défis climatiques. Vue comme une machinerie lointaine, accusée de dépenses inutiles en temps de crise et peu lisible quant à ses programmes et innovations, elle sait, en France du moins, que l’opportunité est belle avec Thomas Pesquet qui a véritablement remis les pro- jecteurs sur un secteur en mal d’image. Le Normand, qui deviendra le premier commandant français de l’ISS cet été, jouit toujours d’une grande popularité (11e au classement des personnalités préférées des Français édité par nos confrères du JDD). Par ses dis- cours et ses nombreuses photos, il a pu renseigner sur l’utilité des missions scientifiques menées à bord de l’ISS, mais également alerter sur la fragilité de nos écosystèmes qui ne sont jamais mieux visibles qu’à 400 km au-dessus de nos têtes....

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