Ces biais cognitifs qui nous gouvernent

La thématique des biais cognitifs est à la mode depuis 30 ans. Au plan scientifique, ce domaine d’étude est propulsé dans les années 1970 par les travaux pionniers des psychologues Daniel Kahneman et Amos Tversky. Depuis, la portée de ce thème n’a cessé d’augmenter jusqu’à atteindre le grand public au travers d’ouvrages de vulgarisation devenus des best-sellers, à commencer par Système 1 et Système 2 : les deux vitesses de la pensée de Daniel Kahneman. Aujourd’hui, nombre d’ouvrages et d’articles détaillent le contenu des nombreux biais répertoriés. TEXTE D'ANDRÉ HAMAYON

Image Ces biais cognitifs qui nous gouvernent

Notre cerveau nous trompe.Nous croyons penser de façon rationnelle et objective et avons foi en notre intuition. Nous avons confiance en nos jugements et tenons pour acquis que nos convictions et nos décisions reposent sur une base solide. Nous croyons décider consciemment de nos actions et de nos comportements.
La réalité est tout autre : nous ne sommes pas aux commandes, mais sous influence ! La plupart du temps notre cerveau décide pour nous sans nous en donner les raisons. Avant même que nous commencions à réfléchir, notre cerveau a déjà décidé de ce qui est bon ou mauvais pour nous.
Notre cerveau a été modelé par l’expérience et nous héritons d’une trousse à outils mentaux acquise au cours d’un long processus d’adaptation pour assurer notre survie. Nous sommes presque toujours sous l’influence de mécanismes, très utiles autrefois, mais moins adaptés à nos besoins actuels et qui nous conduisent souvent à interpréter les situations de manière incorrecte.
Nous ne pouvons plus dire « il faut le voir pour le croire » mais « Il faut le croire pour le voir ». Nous ne voyons que ce que notre cerveau a appris à voir. Nous ne voyons pas tous la même chose, car, sans que nous en ayons conscience, nous avons tendance à percevoir ce que notre éducation, notre culture, nous ont préparé à voir, et notre cerveau fait en permanence une lecture de notre environnement par rapport à nos intérêts, à nos buts, à nos craintes et à nos attentes du moment.


Ce qui est vrai pour la vue l’est pour les cinq sens
Nous sommes en relation avec l’extérieur par l’intermédiaire de nos cinq sens, mais les organes qui y sont associés ne sont que des capteurs qui transforment les signaux que nous captons en énergie électrique transmise aux différentes zones de notre cerveau. Le cerveau filtre et interprète les signaux que lui envoient nos capteurs sensoriels. Si ces signaux lui paraissent ambigus ou insuffisants pour comprendre la réalité, le cerveau complète, modifie, les informations reçues pour construire, à partir de tout ce qu’il a enregistré de façon consciente et inconsciente dans sa mémoire à long terme, une représentation cohérente et stable qui va servir de base à notre action...

Vous n'avez lu que 10% de cet article.

Pour lire la suite :

Dans la même rubrique

Image Habitat alternatif: un autre logement est possible

Habitat alternatif: un autre logement est possible

Une place pour chaque chose et chaque chose à sa place. Dans sa tiny house – une petite maison sur roues –, Alexia a…

Lire

L'invité
du mois

Pascal Boniface

Pascal Boniface

« Pour certains, désinformer est une façon de garder l’avantage. »


Le complotisme est-il le nouvel ennemi de la géopolitique ? C’est un sujet très vaste. La géopolitique doit présenter les enjeux internationaux à un public national. Il y a un vrai…
Lire l'article complet