La force légale pour maintenir l'ordre est-elle encore légitime ?

Les manifestations toujours plus violentes, contestant l’usage de la force par les unités de maintien de l’ordre, et d’autre part une demande de fermeté à l’égard des fauteurs de trouble, apparaissent quelque peu contradictoires. La formation des gendarmes insiste sur l’éthique et la déontologie qui demeurent au cœur de la profession. TEXTE DE SOPHIE BERGERO ET SIMON PETITJEANS

Image La force légale pour maintenir l'ordre est-elle encore légitime ?

Le 10 janvier 2020, la ministre des Armées Florence Parly décide d’ouvrir son comité d’éthique à des personnalités extérieures en précisant que « L’éthique est au fondement même de la raison d’être du militaire. C’est la boussole qui subsiste lorsque le droit disparaît. Le droit est son garde-corps et l’éthique est son garde-cœur ». Cette déclaration met en exergue l'existence de ce qui, en plus de la légalité, doit venir accompagner et guider l'agent de l’État dans son utilisation de la force publique pour maintenir un équilibre nécessaire entre le légal d’un côté et le légitime de l’autre. Autrement dit, cela interroge l’éthique et de la déontologie. L'éthique peut se définir comme la science de la morale. Toutefois, il n'existe pas d'éthique absolue et toute décision comporte des hésitations propres qui peuvent difficilement résulter en une solution définitive pour déterminer ce qui paraît le meilleur et le plus juste. La déontologie permet de surmonter cette difficulté en ce qu'elle contient des règles et des valeurs qui deviennent des devoirs explicites des membres d'une même profession.


Le champ du légal se trouve intrinséquement lié à l'usage de la violence légitime car elle est le monopole de l'État. Celui-ci l'applique dans sa forme physique par l'intermédiaire de ses forces de sécurité intérieure. Or, la remise en cause des forces de l’ordre, notamment dans le cadre du maintien de l’ordre, est récurrente. Certaines accusations faisant suite à des faits d’actualité laisseraient à penser que l’utilisation de la violence légitime par les forces de sécurité aurait basculé dans l’illégitimité suite aux conséquences physiques de l’emploi de la force publique. Pourtant, toute forme de trouble à l’ordre public n’est pas acceptable, d’où l’emploi de la force légale contre un collectif qui estime n’avoir plus assez de place pour s’exprimer et qui se fait surprendre par des minorités agissantes comme les Black Blocs qui profitent de ce désordre social.


Dès lors, il convient de s'interroger sur ce qui peut dévoyer l'utilisation de la violence légitime dans le cadre du maintien de l’ordre et étudier en quoi le suivi d’une éthique et d’une déontologie peuvent améliorer les pratiques professionnelles afin de garantir la légitimité de l’usage de la force...

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