LE CENTRE ROTARIEN POUR LA JEUNESSE FAVORISE LA DÉCOUVERTE DE L’ÉTRANGER

Association multidistricts de France, le Centre Rotarien pour la jeunesse (CRJ) est présidé par Philippe Baumon, membre du Rotary club Royan et gouverneur 2016-2017 du district 1690. Chaque année, plus d’un millier de jeunes bénéficient de séjours à l’étranger, que ce soient pendant quelques semaines ou une année scolaire entière. Regards sur une plateforme à la disposition de tous.

Image LE CENTRE ROTARIEN POUR LA JEUNESSE FAVORISE LA DÉCOUVERTE DE L’ÉTRANGER

INTERVIEW DE PHILIPPE BAUMON RÉALISÉE PAR CHRISTOPHE COURJON

 

Quelle est la finalité du CRJ ?

À la demande des districts de France, le Centre rotarien pour la jeunesse aide principalement les Rotary clubs à travers leur district à entreprendre des échanges à l’international. Il effectue des démarches pour trouver des districts étrangers désireux de réaliser des échanges avec des districts français et apparaît comme un facilitateur. Ce sont les districts qui restent maîtres des échanges de jeunes, et responsables de ces derniers. Comme les responsables des programmes d’échanges de jeunes des districts (DYEC :  District youth exchange chair) changent régulièrement, et que le CRJ connaît bien l’ensemble des questions et des interlocuteurs, nous apportons un savoir-faire utile à chacun. Nos fondamentaux : promouvoir l’action jeunesse, coordonner les échanges, faciliter l’organisation des échanges et contribuer au développement du programme.

 

Quel volume représentent les échanges chaque année ?

Il existe trois types d’échanges : long terme (une année scolaire), court terme (pendant l’été) et les camps d’été. Un 4e programme, l’échange Nouvelles générations, débute dans notre zone. Près de 600 échanges long terme concernent des lycéens en seconde ou en première. Nous avons connu l’an dernier une baisse notoire des départs compte tenu des incertitudes liées à la réforme du bac (contrôle continu) : beaucoup de parents ont annulé ou reporté le départ de leur enfant.

Les échanges d’été sont en hausse de 15% et représentent à présent 250 jeunes. Les camps d’été que nous avons récemment réorganisés concerneront six à sept districts cette année, contre quatre l’an dernier.

 

De quels moyens disposez-vous ? 

Le CRJ reçoit une aide financière des districts basée sur le nombre de Rotariens. Cette cotisation n’a pas évolué depuis des années. Depuis trois ans, le CRJ n’a plus de bureaux, et ses deux salariées sont parties à la retraite, remplacées par un seul salarié, Pascal-Hervé Schauber. Ce dernier, membre du Rotary club Château Salins Morhange Dieuze, a une grande expérience des programmes d’échanges et travaille depuis son domicile. Un gros travail est effectué par les bénévoles de l’équipe du CRJ, ainsi que par les responsables des programmes de jeunesse des districts. Le télétravail est notre façon de travailler. Nous organisons chaque année deux rencontres entre toutes les équipes de districts afin d’échanger et de se concerter sur certains dossiers importants.

Cette année, le site web du CRJ a été entièrement refait, les dossiers de candidatures rénovés. 

 

Les nouvelles réglementations touchant la jeunesse et les données informatiques modifient-elles profondément votre travail ?

Les directives européennes sur la protection des données personnelles (RGPD) nous ont contraints à renforcer les précautions déjà grandes en matière de fichiers informatiques. Les dossiers des jeunes contiennent en effet des données sensibles comme la santé, les modes d’alimentation, les coordonnées personnelles ou les situations familiales. Les dossiers des jeunes, déposés sur des serveurs sécurisés aux États-Unis, sont conservés suivant les règlements en vigueur. Le CRJ reste à l’écoute des changements et consulte des avocats et des juristes régulièrement.

 

Quelles évolutions récentes constatez-vous pour les échanges de jeunes ?

Les demandes de départ vers les pays anglophones sont très nombreuses, alors que l’offre de ces pays diminue car de moins en moins de leurs candidats souhaitent étudier en France. Nous notons une hausse des échanges avec l’Amérique du sud et l’Asie : des pays comme le Brésil, Taïwan, l’Inde ou l’Indonésie connaissent une grande vitalité du Rotary, ce qui entraîne un développement des programmes d’échanges de jeunes. Il y a en revanche très peu d’échanges avec l’Afrique car la plupart des districts de ces pays ne sont pas certifiés par le Rotary International en matière de programmes internationaux de jeunesse. 

 

Des nouveaux programmes sont-ils en développement ?

Le CRJ n’a pas la possibilité de créer des programmes, c’est de la compétence du Rotary International. Nous aidons à développer le récent programme d’échanges « Nouvelles générations » qui concerne les 18-30 ans, intéressés par une mission humanitaire, un stage, professionnel ou universitaire, d'une durée de quelques semaines à trois mois. Ces échanges comportent une participation aux actions du Rotary club d’accueil et s'adressent à des jeunes ayant terminé avec succès leur études secondaires ou déjà entrés dans la vie professionnelle. Le CRJ travaille sur un parcours jeune qui a pour objectif la mise en œuvre d’un chemin de l’Interact au Rotary. À travers les différentes actions jeunesse de chaque district, nous avons les outils et les compétences afin d’accompagner et d’aider les jeunes tout au long de leurs parcours. Nous mettrons à la disposition des districts un catalogue de possibles actions accompagnées de leurs fiches actions. Le CRJ apporte ainsi son concours au développement des effectifs en rapprochant les clubs des nouvelles générations

 

Existe-t-il des structures comparables au CRJ dans le monde ?

Le CRJ est unique car il est la seule association multidistricts pilotée par les gouverneurs, et financée par l’ensemble des Rotariens d’un pays. Dans de nombreux pays, la gestion des échanges de jeunes se fait par des Rotariens, sans contrôle spécifique des gouverneurs des districts. Certains multidistricts étrangers, comme Taïwan, comprennent des gouverneurs dans leur organisation.

 

Qu’attendez-vous des Rotariens de France ?

Le CRJ est à la disposition de tous ceux qui veulent agir pour la jeunesse, il est important de s’intéresser aux échanges internationaux. 80% des jeunes bénéficiaires des échanges ne sont pas des enfants de Rotarien, et nous avons tous autour de nous des candidats potentiels. C’est une chance offerte à ces jeunes de découvrir une autre culture et de s’ouvrir à l’extérieur. Tous les Rotariens sont donc acteurs.

 

 

La Réunion participe aux échanges

Depuis trois ans, les 25 Rotary clubs réunionnais participent aux activités du CRJ ; de trois à quatre échanges sont réalisés chaque année. La Réunion est le seul département d’outre-mer dans ce cas.

 

QUATRE PROGRAMMES D’ÉCHANGES

Échange scolaire d’un an

De 15 à 17 ans et demi au moment du départ. Hébergé dans trois familles, le jeune est scolarisé dans un lycée, dans une classe qui équivaut à la 1ere française.

Échange d’été

De 15 à 19 ans. Échange réciproque de 4 à 6 semaines avec un lycéen d’un autre pays.

Camp d’été

De 15 à 24 ans. Séjour de 2 à 3 semaines, réunissant une vingtaine de participants sur un thème          (sport, culture etc.).

Échange nouvelles générations

De 18 à 30 ans. Mission humanitaire, ou stage professionnel, voire universitaire. De quelques semaines à 3 mois.

 

Des jeunes motivés

 

Pour partir une année scolaire à l’étranger, un jeune doit être ouvert vers les autres et doté de facultés d’adaptation à une culture qui peut être très éloignée de la sienne.

La destination n’est pas forcément celle initialement souhaitée et le jeune doit parfois apprendre une langue toute nouvelle pour lui.

Actuellement, les 2/3 des Students sont des filles.

 

 

Contact : www.crjfr.org

www.rotary.org/fr/our-programs/youth-programs