1918, cent ans après, la paix

23/10/2018 - Commémoration dans les clubs rotary

En cette année de célébration du centenaire de la fin de la Première Guerre mondiale, la paix est plus que jamais à l’ordre du jour des manifestations organisées dans ce cadre. Partout dans le monde, comme en France, les Rotariens appellent à l’entente entre les peuples, en contribuant au devoir de mémoire.

Image 1918, cent ans après, la paix

En 1918, la communauté humaine reste éprouvée par le premier conflit mondial et ses ravages. À la fin du conflit, alors que le Rotary se développe depuis 1905 aux États-Unis, il n’existe pas encore un seul club en Europe continentale. Ce sont pourtant ces hommes, marqués par ce conflit, qui vont contribuer à faire naître les premiers clubs Rotary. Comme le pacifisme n’est pas l’apanage des institutions politiques, syndicales ou autres, le milieu associatif se veut à l’initiative et le Rotary s’illustre par la création des premiers clubs en Europe, en 1920 à Madrid et en 1921 à Paris. L’histoire donnera encore raison au Rotary, lorsqu’à l’initiative de Rotariens allemands et français, est créé le premier comité inter-pays, entre la France et l’Allemagne, en 1931, lors d’un rassemblement du Rotary à La Haye. Intitulé le « petit comité », il était l’expression de l’inquiétude de ceux qui, après les secousses de la guerre, voyaient dans la Grande Dépression le signe de nouvelles menaces. Le Rotary s’ancre dans l’œuvre de paix et poursuit ainsi inlassablement sa volonté de faire de l’entente entre les peuples sa cause essentielle. Ainsi, en 2018, au-delà de la commémoration de la fin du conflit, les clubs qui s’y sont engagés tiennent surtout à porter ce même message, afin d’inviter la collectivité à se rassembler autour d’une prise de conscience partagée.


Des rencontres pour promouvoir la paix
En Lorraine, en septembre dernier, le RC de Pont-à-Mousson a accueilli 22 amis de son club contact de Soest-Lippstadt (Westphalie). Ils ont été reçus dans les familles de Rotariens. C’était un séjour placé sous le signe de la paix, avec une visite complète des sites de Verdun. Un séjour placé aussi sous le signe de l’amitié très forte qui lie les deux clubs pour célébrer leurs 60 ans de jumelage. Jean Magnin, membre du club depuis 1955, avait participé à la naissance du jumelage. Il raconte : « En 1958, soit treize ans après la fin de la Seconde Guerre, réaliser le jumelage entre un club allemand et un club français ne pouvait être le fait du hasard, mais bien le résultat d’une volonté de paix entre la France et l’Allemagne. À cette époque, même si le peuple français exprimait “plus jamais ça”, le ressentiment envers l’Allemagne était encore très vif. Si la création de la Communauté européenne du charbon et de l’acier avait déjà donné un cadre politique de coopération, il fallait, somme toute, pour une majorité française, créer un climat de confiance. Le Rotary, international et pacifique par nature, était un cadre bien adapté pour recréer ce climat de confiance au plus proche d’une certaine élite de la population. Il recommanda et organisa le jumelage de clubs français et allemands et favorisa ainsi la rencontre entre les villes de Pont-à-Mousson et de Soest. Au club de Pont-à-Mousson, il y eut des réticences, mais une forte majorité, favorable à un rapprochement, l’emporta. »

En Alsace, le Rotary club Mulhouse-Vosges a fait intervenir le général Neuville pour présenter, lors d’une conférence, le principal site de la Première Guerre mondiale sur le front des Vosges : le Hartmannswillerkopf (également appelé Vieil-Armand).
Il compte depuis peu un historial franco-allemand de la Grande Guerre. Sa scénographie rend compréhensible le champ de bataille, mais aussi le premier conflit mondial dans son ensemble. Une visite sur site par l’ensemble des membres du club, accompagnant des jeunes Alsaciens est prévue, avec pour guide, une nou- velle fois, le général Neuville.


La grande veillée du 11 novembre à Arras
Une commémoration est organisée par l’office de tourisme Arras-Pays d’Artois. Elle mettra en lumière 270 cimetières le soir du 10 novembre afin de sensibiliser le public dans un moment de recueillement et de reconnaissance envers les anciens combattants.
Le Rotary club Lens-Liévin a pris part à cette initiative en participant à l’illumination des tombes et en recevant une cinquantaine d’amis allemands du club contact Bottrop-Wittringen. Les Rotariens allemands planteront un arbre du souvenir dans le cimetière français de Mont-Saint-Éloi, et leurs homologues du RC Lens- Liévin planteront un arbre dans le cimetière allemand de Neuville-Saint-Vaast.


Des concerts de part et d’autre du Rhin
Les Rotary clubs Saint-Louis-Huningue et Mulhouse-Europe ont adhéré au projet de rassemblement de deux grandes chorales. L’une est allemande (Vocalensemble Breisach), et l’autre française (Vocalys, Ensemble vocal de Saint-Louis). Les 70 choristes allemands et les 50 choristes français ont décidé de chanter ensemble le Requiem de Verdi pour offrir des deux côtés du Rhin un événement de mémoire exceptionnel et de saisir cette opportunité pour lancer un message de paix. Les 120 choristes seront accompagnés par les 60 musiciens de Fribourg-en-Brisgau et par quatre solistes professionnels. Deux concerts seront donnés en France, le premier à Saint-Louis le 10 novembre, le deuxième dans le cadre de la grande messe commémorative en l’église Saint-Étienne de Mulhouse, le 11 novembre même. Deux autres concerts seront donnés en Allemagne.


Un chœur venu d’Australie
L’Australie demeure très marquée par la Première Guerre mondiale, comme l’a prouvé la venue du président du RI, Ian Riseley, le 25 avril, lors de la commé- moration de l’Anzac Day à Villers-Bretonneux (Cf. notre édition de juin 2018).
Début octobre, 15 jeunes choristes du Bendigo Youth Choir sont venus d’Australie rejoindre une chorale d’une centaine de jeunes Français. Ensemble, ils ont chanté à Amiens, en français, la Cantate pour la paix, en mémoire du général John Monash, qui fut le chef du corps expéditionnaire en France, puis membre fondateur du premier Rotary club d’Australie, le RC de Melbourne. Le voyage de ces jeunes a été financé grâce à une levée de fonds menée par le RC de Melbourne, dont est membre David Kram, le compositeur de la Cantate pour la paix.

Toutes ces manifestations, dont l’évocation n’est pas exhaustive, bien sûr, témoigneront de cette implication des clubs Rotary dans le projet rotarien et s’illustrent aussi par la forte proximité des Rotariens français et allemands, cent ans après l’Armistice de 1918.


On compte aujourd’hui 313 clubs contacts entre la France et l ’Allemagne, ce qui est de loin le nombre de jumelages le plus élevé entre deux pays. Il existe égale- ment des clubs transfrontaliers, qui ont la particularité d’être bilingues et de se réunir à tour de rôle dans l’un des deux pays.

Symbole fort, l’actuelle gouverneur du district 1790 (Lorraine et Haute-Marne) est allemande ; ce district reste le plus marqué par le premier conflit mondial, en particulier à Verdun, qui demeure un lieu de rencontre international et de réflexion privilégié.

Puissent tous ces témoignages se faire l’écho du message essentiel qui est celui de l’invitation faite à tous de croire et de faire que la communauté humaine ne soit qu’une dans son unité, tout en laissant à chacun la particularité de son identité.

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON ET RÉGIS ALLARD

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