UN OCÉAN D’ACTIONS EN NOUVELLE-CALÉDONIE

La Nouvelle-Calédonie sera bientôt le premier territoire français libéré de la Covid-19. Cette bonne nouvelle coïncide avec le 60e anniversaire de l’implantation du Rotary dans l’archipel. Une présence Rotarienne marquée par une incessante activité, dans un esprit d’entraide très élargie.

Image UN OCÉAN D’ACTIONS EN NOUVELLE-CALÉDONIE

Aucune personne n’est décédée en Nouvelle-Calédonie lors de la pandémie mondiale ! Un bienheureux constat qui ne doit pas faire oublier les mesures prises pour juguler le mal, notamment les nombreux dons de masques et de savons effectués par le Rotary club Nouméa Ducos Boulari avec l'aide logistique du Secours catholique, institution très implantée dans l’ensemble de la collectivité française. L’étendue territoriale et l’isolement de certaines localités demandent parfois aux Rotariens d’établir des partenariats avec des institutions proches des populations.

 

 

Grand territoire, vaste district

 

La Grande terre s’étend sur 400 km, et les trois Rotary clubs sont situés à l’extrême sud, dans l’agglomération de Nouméa qui concentre les deux-tiers des habitants. Alors que les Lions et Kiwanis sont bien répartis sur le territoire, le Rotary n’a pu concrétiser jusqu’à présent sa tentative de créer un club en Province nord, notamment à Koné où se trouve une usine de nickel et un réseau d’entreprises. Le trop plein de clubs service rend difficile l’expansion.

Les Rotary clubs de Nouvelle-Calédonie font partie du district 9910, qui rassemble des clubs de quatre pays. « L'étendue du district représente un grand défi dans l'organisation des visites aux clubs. De juillet à novembre, je passais une semaine en Nouvelle-Calédonie et trois semaines en Nouvelle-Zélande/Norfolk/Vanuatu pour ces visites. Du non-stop » se souvient Tony Hornabrook, premier Néo-Calédonien gouverneur du district 9910. Ses visites étaient facilitées par un concessionnaire automobile d’Auckland qui mettait à sa disposition une voiture customisées aux couleurs du Rotary.

L’internationalité d’un district est source d’enrichissement et favorise l’action vers l’étranger. Le Vanuatu, pays à faible revenu, bénéficie grandement de son appartenance à ce district dont le PIB par habitant est très élevé. Souvent victime de catastrophes naturelles, il reçoit régulièrement l’aide de ses voisins, comme le Rotary club Nouméa qui intervient pour reconstruire deux classes d’une école du Vanuatu détruites par un récent cyclone.

 

 

Des clubs très à l’écoute de la communauté

 

Les trois Rotary clubs réalisent de multiples actions, dont les plus récurrentes soutiennent les familles démunies de l’archipel : le Rotary club Nouméa est partenaire des Petites Sœurs des Pauvres pour l’hébergement de personnes âgées, le Rotary club Nouméa Ouen Toro organise une journée festive au profit de l’association Saint Vincent de Paul. Cette initiative, dénommée « Balade musicale » réunit au Parc forestier 1 200 visiteurs autour d’une trentaine de groupes musicaux et de danseurs bénévoles. L’action en faveur de la santé demeure également prépondérante, comme celle entreprise par le Rotary club Nouméa Ducos Boulari qui soutient l'unité Alzheimer du Centre hospitalier Albert-Bousquet et l'Institut spécialisé autisme. Une rencontre organisée le temps d'une très conviviale soirée moules frites a notamment permis à ce club d’offrir du matériel Snoezelen qui assure aux patients une stimulation multi-sensorielle. L’action la plus spécifique au Pacifique Sud est la participation du Rotary club Nouméa au projet Climacanth2 de l’Unité mixte de recherche (UMR) dont l’objet est d’éradiquer l’acanthaster, l’étoile de mer qui ravage les récifs coralliens. Le Rotary club Nouméa entreprend plusieurs actions afin de financer cette initiative dont le but est de protéger l’un des plus grands et beaux lagons du monde.

 

Dans cette France du bout du monde, dont la monnaie est toujours le franc pacifique, les Rotariens demeurent très engagés pour le bien-être de chacun et la sauvegarde de son patrimoine naturel d’une très grande richesse. Un Rotary solide comme le « Caillou » !

 

 

Gouverneur du district 9910, une expérience gratifiante

 

J’ai eu la chance extraordinaire d’être le premier Français de souche à prendre, en 2009, la responsabilité du district 9910.

Je découvre en Nouvelle-Zélande la rigueur anglo-saxonne, les réunions de district avec 20 commissions dont les comptes rendus sont discutés et votés en 2 heures tapantes. Quand il me faut décider et que j’hésite, il y en a toujours un qui me dit : « Hurry Georges, you’re the boss ! ». Par contre, dès la décision prise, tout le monde l’accepte et se met au travail. J’en suis encore bluffé.

Une rigueur que je retrouve dans les clubs néo-zélandais, les règlements y sont respectés à la lettre et en cas de dérapage, le « sergeant at arms » met le fautif à l’amende : une façon de récupérer quelques sous pour le club. Les actions rotariennes sont toutes gérées pour être réussies.

Je ne suis pas prêt d’oublier la visite d’un club en village maori. Elle fut conditionnée au passage préalable d’une nuit à même le sol dans un marae (temple), hommes d’un côté, femmes de l’autre, puis accueil par le chef de tribu qui me souhaite la bienvenue par nos nez frottés l’un contre l’autre. Ensuite, visite du club où j’ai appris à danser le hakka.

J’ai trouvé les mêmes marques d’engagement rotarien et d’accueil personnalisé dans les clubs du Vanuatu et de Norfolk. Idem pour ceux de mes amis de Nouméa.

En réponse à toutes ces formes d’accueil amical, j’ai pu formaliser un de mes objectifs : rapprocher nos différences, par la création du fanion de district où nos quatre pays sont réunis dans une atmosphère pacifique.

 

Georges Giovannelli, membre du Rotary club Nouméa

 

 

 

Un district essentiellement néo-zélandais

 

Le district 9910 rassemble 39 clubs :

Nouvelle-Zélande (nord du pays) : 33

Nouvelle-Calédonie : 3

Vanuatu : 2

Île Norfolk (Australie) : 1

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

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