L'adjoint du Gouverneur, ce méconnu indispensable

Comment un gouverneur peut-il avoir des contacts étroits avec les 70 à 100 clubs de son district ? Pour cela, le Rotary International a institué il y a une vingtaine d’années la fonction d’adjoint du gouverneur (ADG). Regard sur une personne souvent méconnue qui concoure au bon fonctionnement des clubs.

Image L'adjoint du Gouverneur, ce méconnu indispensable

Le nombre de clubs ne cesse d’augmenter dans le monde, alors que pour des raisons d’efficacité le Rotary International ne souhaite pas augmenter le nombre de districts. Dans ces conditions, l’organisation du district a été repensée afin d’aider les gouverneurs à accomplir leur mandat dans les meilleures conditions possibles. D’abord facultative, la fonction d’adjoint du gouverneur a été rendue obligatoire par le Rotary International, comme le stipule le Manuel de procédure.

 

 

 

Des personnes expérimentées, à l’écoute des clubs

 

 

Avant sa prise de fonction, le gouverneur contacte dans chaque secteur de son district une personne qui a exercé la présidence d’un club où que soit ce club. Il est en effet plus aisé d’avoir une indépendance d’esprit pour d’autres clubs que le sien…

Le portrait type d’un ADG est une personne qui a une bonne connaissance du Rotary, du terrain et des particularités locales et accepte de consacrer du temps au suivi d’une demi-douzaine de clubs en moyenne. Il est souvent fait appel à un Rotarien ou à une Rotarienne qui a exercé plusieurs fonctions de bureau dans son club ou dans l’équipe du district et est en mesure de répondre à toute question des clubs, évitant à ces derniers de contacter le gouverneur qui peut se recentrer sur des activités prioritaires. La fonction d’ADG n’est pas honorifique dans la mesure où le gouverneur lui délègue des compétences et demande un investissement personnel avant même sa prise de fonction. Gabrielle Thetiot, ADG pour quatre clubs du sud de La Réunion, souligne la nécessité de se faire connaître : « dès le mois de juin, j'ai visité ces clubs pour me présenter, même si la plupart des membres me connaissent en tant que Rotarienne depuis 15 ans ; j’ai parlé de notre nouveau gouverneur, des objectifs du RI pour l'année et était présente aux passations de pouvoirs. Plus tard, j'ai fait une autre visite pour préparer la venue du gouverneur.  Par ailleurs, je participe autant que faire se peut aux actions grand public menées par les clubs, comme la marche pour l'éradication de la polio organisée en septembre dernier. »

 

 

 

Des tâches multiples

Les ADG sont nommés chaque année par le gouverneur-élu et peuvent être confirmés par les successeurs ; ils restent en fonction généralement trois ans, et il est recommandé d’échelonner les remplacements afin d’assurer une certaine continuité dans l’équipe du district.

L’ADG assure un lien entre les présidents des clubs, le gouverneur et les responsables des commissions du district. Sa principale tâche est de suivre l’activité et d’assister les clubs, comme le rappelle Max Le Guilloux, ADG du district 1650 (Bretagne-Mayenne) : « les principaux thèmes que j’aborde avec les clubs sont le développement des effectifs, la création de club et l’organisation des actions. » Sur la question de la recherche de nouveaux membres, Max explique inlassablement « qu’il est possible d’intéresser des jeunes toujours plus sollicités à devenir Rotarien grâce à l’usage d’Internet, notamment la vidéo conférence.»

La visite du gouverneur constitue un moment fort de l’année pour le club ; le gouverneur dispose d’éléments précis sur le club qu’il rencontre grâce aux renseignements communiqués par l’adjoint concerné. L’ADG doit en effet établir régulièrement un état des clubs qu’il supervise, déceler les actions intéressantes menées, mais aussi les problèmes que peuvent rencontrer certains clubs. Ces difficultés peuvent concerner le déficit de notoriété du club ou le manque d’investissement personnel des membres. Dans ces cas, l’ADG peut être force de proposition afin d’aider le club, avec l’aval du gouverneur.

Certains clubs ont tendance à se replier sur eux-mêmes : l’ADG intervient pour que les membres participent aux séminaires de formation et à des événements tels que les assemblées et les conférences du district. Il encourage les clubs à connaître ses voisins, ce qui peut déboucher sur des actions interclubs et redonner du dynamisme à plusieurs clubs en même temps. L’un des principes de base de l’organisation rotarienne est l’autonomie des clubs : ceux-ci sont libres de fixer leurs objectifs, dans le respect des règles édictées par le Rotary International. L’ADG veille à ce respect et apparaît comme le référent technique du club (utilisation des outils Internet tels My Rotary sur le site rotary.org), un confident du président de club grâce au recul dont il dispose et aux conseils qu’il prodigue. Il n’est pas un « surveillant », mais un accompagnateur.

La présence de l’ADG est aussi précieuse lors des grandes manifestations des clubs ; il représente alors le district et exprime le lien entre district et clubs. En effet, le gouverneur ne peut assister à toutes les manifestations des clubs, d’autant plus que plusieurs ont souvent lieu en même temps.

 

Une dimension particulière dans les districts internationaux

 

Certains districts sont immenses et comptent plusieurs pays, ce qui rend difficiles et onéreux les déplacements des gouverneurs. Le district 9010 qui couvre l’ensemble du Maghreb compte 30 ADG ! Il peut s’agir d’un record mondial dans la mesure où les ADG d’Afrique du nord ont en charge quatre clubs en moyenne. Mouna Sekal est ADG pour cinq clubs d’Alger ; elle trouve très agréable d’être utile aux autres et estime que sa fonction apporte une valeur ajoutée ; elle cite par exemple « deux clubs d’Alger qui travaillaient chacun de leur côté et sans le savoir sur une action en faveur de personnes autistes ; en les mettant en liaison, ces deux clubs conjuguent à présent leurs efforts pour le plus grand bien des personnes soutenues. » Hayek Soukri, ADG responsable de cinq clubs de Tunis, estime que « la proximité avec les présidents et les membres m’a permis d’orienter un club en difficulté en l’accompagnant pour atteindre ses objectifs. Ensemble, nous avons réussi à relever le défi d’augmentation l’effectif et de maintenir la motivation , l’implication et  l’engagement   des membres pour atteindre les objectifs du Rotary. Je leur ai donné des idées pour l’organisation de diverses actions qui ont été réalisées. »

Le cas du district 9101 qui rassemble les clubs de 10 pays d’Afrique de l’Ouest est très éclairant : si la majorité des clubs sont francophones, d’autres sont anglophones ou lusophones, d’où l’importance d’avoir des relais locaux. Les mentalités varient d’un pays à l’autre, et le référent apparaît parfois bien plus qu’un traducteur. Christian Fuard, membre du Rotary club Tamatave (Madagascar) a été gouverneur du district 9220, qui rassemble les entités francophones de l’Océan indien. Il fait part de remarques sur son expérience personnelle : « Vu notre situation géographique, ce système est fort utile au gouverneur. En effet les cultures, les coutumes et le contexte rotarien sont très différents d'un pays à l'autre. Les ADG sont donc indispensables au gouverneur pour l'organisation des séminaires de formation et des visites de clubs. Bien sûr, il demeure toujours l’ambiguïté entre assistant (terme utilisé dans le passé) et adjoint, et il convient donc dès le début de mandat de bien définir les prérogatives de chacun. » Christian estime que la reconduction des ADG durant trois années rotariennes permet de reconnaître les qualités de leadership de chacun pour les sélections des futurs gouverneurs : « quand on maîtrise bien son secteur géographique, il est beaucoup plus facile d'appréhender ensuite l'ensemble du district. »

 

La fonction d’ADG n’est pas un marchepied pour devenir gouverneur : la plupart des ADG ne deviennent pas gouverneurs et beaucoup de gouverneurs n’ont jamais été ADG !

Question à tous les Rotariens : comment se nomme l’ADG de votre club ? Faites connaissance avec lui !

 

 

« En tant que gouverneur, ma mission est essentiellement, de concert avec les adjoints du gouverneur, de coordonner les actions et activités des clubs »

Thomas Somé, gouverneur du district 9101

 

 

 

 

Un observateur privilégié pour distinguer les clubs

L’ADG est particulièrement bien placé pour faire reconnaître les mérites des clubs les plus actifs auprès du Rotary International. Ces clubs Rotary, mais aussi Rotaract et Interact, peuvent obtenir une Citation du Rotary ; celle-ci peut être décernée avec distinction présidentielle (voir l’annuaire des abonnés au Rotary Mag des clubs francophones de cette année, pages 24 à 27.)