HAÏTI, L’ÎLE AU TRÉSOR…DE PROJETS

Pays parmi les plus pauvres au monde, régulièrement victime de catastrophes naturelles de grande ampleur, Haïti bénéficie de la solidarité rotarienne, qu’elle soit nationale, et plus encore internationale. Des projets durables sont entrepris dans tous les axes d’action du Rotary dans ce pays dont la langue officielle est le français.

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Il y a tout juste 60 ans naissait à Port-au-Prince le premier Rotary club de Haïti. Aujourd’hui fort de 22 clubs et de plus de 500 membres, le Rotary est une entité très active du pays, implantée dans toutes les localités d’importance, relai indispensable d’un soutien souvent venu de l’étranger.

 

Reconstruire après les tremblements de terre

Le séisme le plus meurtrier du monde, causant la mort de 250 000 personnes, s’est produit à Haïti en 2010. Il avait donné lieu à un élan de  solidarité exceptionnel et durable, impliquant en particulier ShelterBox  programme partenaire du Rotary International qui fournit des abris temporaires et du matériel de survie pour les sinistrés. Un nouveau séisme a eu lieu en août 2021, provoquant la mort de 2 500 habitants et la destruction de 50 000 habitations. De nombreux clubs du district 7020, auquel appartient Haïti, ont été à la pointe de l’aide internationale apportée. Le Rotary club Saint-Martin Nord avait lancé un appel aux dons et livré des fournitures pour des milliers de personnes. Les équipes de ShelterBox  sont une nouvelle fois intervenues, en coordination avec les organisations de secours sur place, avec l’assistance des Rotary clubs de Haïti. Parmi eux, le Rotary club Port-au-Prince, appuyé par la faculté des sciences infirmières de Léogâne, a assuré l’installation de deux cliniques mobiles et des distributions de vivres aux sinistrés. Marie-Naude Charles, ancienne présidente du club, souligne que « nous avons au total ausculté et soigné 582 personnes; les personnes victimes de fractures ont bénéficié des soins d’un orthopédiste. » Au-delà des interventions d’urgence, les Rotariens agissent sur le long terme afin d’apporter des solutions concrètes aux populations qui demandent de vivre de façon autonome.

 

Reboiser le pays, une mission indispensable

« Tu vas voir de quel bois je me chauffe » est une expression en voie de disparition dans le pays car la déforestation a atteint un degré très alarmant. En effet, les habitants ont coupé tellement d’arbres sans en replanter suffisamment que Haïti souffre d’un manque de végétation qui se traduit par des coulées de boue lors de fortes pluies, l’eau n’étant plus retenue par les racines. C’est dans ce cadre que le Rotary club Pétion-Ville célèbre son cinquantenaire avec la promesse de planter 500 000 arbres lors des cinq prochaines années. Pour réaliser ce projet ambitieux, les Rotariens obtiennent le soutien de nombreuses entreprises dont le nom et le logo figurent sur tous les documents du club. Sponsor bronze, argent ou or, chaque entreprise verse un montant à la hauteur de ses possibilités, en faveur de cette action vitale pour le pays. « Un projet dont le coût est évalué à 60 000 dollars » selon Jacques Nerette, président du Rotary club Pétion-Ville qui évoque « les problèmes climatologiques de la Caraïbe et de la désertification ».

 

Développer des communautés

Afin de limiter l’exode rural vers la capitale, voire une émigration hasardeuse en Amérique du Nord, des projets internationaux sont conduits par des Rotary clubs. Le plus ambitieux est l’action menée à La Savane désolée, communauté rurale située près de Les Gonaïves. En effet, le Rotary club Lamasquère pays de Muret (Haute-Garonne) entreprend depuis 2013 une vaste opération concrétisée par le pompage d’une eau potable, l’installation d’un réseau d’assainissement et d’électricité produite par des panneaux photovoltaïques. Des techniques agricoles sont enseignées aux villageois, notamment par une élève ingénieure agronome de l’École d’agriculture de Toulouse. Durant sept ans, Anne-Marie Cousse et Denis Mabire, tous deux Rotariens, se sont démenés avec leur club pour mener à bien un projet de 330 000 dollars, financé avec des partenaires tels que la région Occitanie et l’Agence de l’eau Adour-Garonne, ainsi que par une subvention mondiale de la Fondation Rotary. "On voulait surtout amener la population vers une autonomie alimentaire, avec installation d’une ferme maraîchère", explique Denis Mabire. "Le projet a bien fonctionné, car on y a toujours associé la population. On les a écoutés, on a travaillé avec eux", souligne Anne-Marie Cousse. En effet, un tel projet ne peut aboutir efficacement sans une demande locale, appuyée par des Rotariens du secteur.

L’autosuffisance alimentaire ainsi que l’eau potable sont les premières étapes réalisées, suivies par la construction d’un dispensaire et d’une école. Un exemple de développement économique local inspirant pour l’ensemble du pays. Preuve en est qu’une coopération internationale bien menée peut conduire des communautés très déshéritées vers la voie de l’autonomie économique et redonner espoir à toute population.

 

 


22 Rotary clubs à Haïti

Aquin

Bayonnais

Cap-Haïtien

Delmas Aéroport

Hinche

Jacmel

Léogâne

Les Cayes

Milot

Mirebalais

Montrouis

Ouanaminthe

Pétion-Ville

Pétion-Ville Sud

Petite Rivière de l’Artibonite

Pignon

Port-au-Prince

Port-au-Prince Champs de Mars

Port de Paix

Saint-Marc
Saint-Michel de l’Atalaye

Verrette

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON

 

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