FACE À LA MALVOYANCE, UNE VISION DU ROTARY

Un grand pas en faveur des personnes malvoyantes et non voyantes vient d’être franchi par Rotary Mag, dont tout le contenu est à présent accessible en audio. Une adaptation qui n’est pas sans rappeler les nombreuses actions conduites par des Rotary clubs en faveur de personnes privées de la vue.

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Chaque lecteur a pu découvrir au dos de la couverture du numéro précédent l’invitation « Désormais, vous pouvez aussi écouter Rotary Mag ». Une possibilité offerte à toute personne à bord d’un train ou d’une voiture, mais aussi aux malvoyants. Une voie synthétique lit in extenso tous les articles ; une prouesse réalisée grâce à l’implication d’un groupe de Rotariens qui a longuement travaillé avec une association d’intellectuels aveugles et amblyopes afin d’offrir un outil adapté aux personnes en situation de handicap visuel. Il suffit de se rendre sur la version web du magazine et de cliquer sur l’icône « audio » située à droite de chaque article énoncé. Un aménagement de votre magazine en cohérence avec les nombreuses actions des Rotary clubs.

 

 

Des soins ophtalmologiques offerts

 

Beaucoup de régions du monde sont dépourvues de spécialistes des yeux, aussi des Rotary clubs entreprennent des rencontres lors de caravanes médicales. C’est dans cet esprit que le Rotary club Agadir Taghazout Bay a organisé pendant cinq journées une tournée dans plusieurs villages de la province de Zagora (sud marocain), offrant des consultations et des interventions chirurgicales. Les patients ont bénéficié d’examens médicaux gratuits au centre de santé du village Ouald Driss, ainsi que des interventions chirurgicales à l’hôpital Derrak de Zagora pour ceux atteints de la cataracte. « Le Rotary club Agadir Taghazout Bay organise chaque année une caravane médicale dans une région du Maroc où les besoins en soins médicaux dans certaines spécialités se font ressentir » explique Mario Tondat, Rotarien très investi dans cette action.

Plus au sud, le Rotary club Abidjan Atlantis, en partenariat avec la fondation « Alain Afflelou», entreprend « La caravane de la vue » dans des écoles primaires ivoiriennes. « Certains élèves n’ont pas de bons résultats scolaires à cause de maux d’yeux. Nous voulons les aider à poursuivre sereinement leurs études », précise Djénéba Logon Kouamé, ancienne présidente de ce club. L’équipe composée d’opticiens et d’ophtalmologues contrôle la vue des enfants et leur remet éventuellement des lunettes. Celles-ci sont souvent un luxe pour les familles concernées, d’où des actions spécifiques pour en offrir.
 


Des lunettes pour ceux qui ne peuvent s’en procurer

 

Les collectes de verres et de montures sont entreprises de longue date et ont vu des Rotariens créer l’association Opticiens lunetiers sans frontières (OLSF). Indépendante du Rotary, cette association agit régulièrement avec des Rotariens qui récupèrent des lunettes auprès de particuliers ou d’opticiens. Le Rotary club Perpignan, à l’origine de cette création, demeure très impliqué par de multiples actions en sa faveur. Des clubs agissent en partenariat avec d’autres associations : « nous envoyons régulièrement des lunettes de vue trouvées et non réclamées ainsi que celles de deux opticiens rotariens » expliquent Joël Bessière et Maurice Collin, rotariens grenoblois. 30 opticiens retraités bénévoles de l’association Lunettes sans frontière trient les binocles et les envoient à des dispensaires en Afrique. Sur place, les Rotary clubs Ivato à Madagascar et Bamako au Mali participent régulièrement à des distributions dans les dispensaires dans le cadre de cette action.

Le voyage d’un Rotarien en Afrique est souvent l’occasion d’emporter des lunettes sans aucun frais de transport et de douane ; 80 paires offertes par un opticien sont apportées par un membre du Rotary club Bourgoin La Tour du Pin au service ophtalmologique de l’Hôpital Saint-Luc de Mbalmayo, petite ville située à une heure de Yaoundé (Cameroun). Cet établissement accueille essentiellement des populations rurales à faible revenu. Une distribution particulièrement importante a récemment eu lieu en Mauritanie, à l’initiative du Rotary club Alger La Blanche relayée par le Rotary club Nouackchott. Cette action maghrébine, baptisée « Donnez une 2e vie à vos lunettes », s’est traduite par un don de 2 220 paires de lunettes destinées à des personnes nécessiteuses. Il s’agit d’un exemple original de solidarité Sud-Sud qui s’inscrit dans la tendance de la vague de l’économie circulaire.

 

 

Des matériels spécifiques

 

« J'ai le bonheur de vous annoncer la meilleure nouvelle de l'année pour l'équipe d'ophtalmologie de l'hôpital HJRA à Antananarivo : le topographe dont vous nous avez doté est arrivé à destination ! » écrit Onja, médecin malgache qui réalise des greffes de cornée. Elle remercie des Rotariens de l’Isère, en particulier le Dr Nader Robin, ophtalmologue et membre du Rotary club Grenoble Belledonne, qui se sont démenés pour trouver et faire acheminer ce topographe, outil qui mesure la convexité de la cornée, indispensable pour réaliser les greffes. Les coûts ont notamment été couverts par le district 9220, à travers une subvention demandée par le Rotary club Antananarivo Ivandry. « Le suivi des pathologies cornéennes est meilleur, les chirurgies cornéennes se déroulent avec plus de précision » estime Onja. 

 

 

Le chien, un compagnon souvent indispensable

 

Éduquer un chien guide d’aveugle est un travail de près de deux ans qui, avec les frais de nourriture et de vétérinaire, représente un coût de l’ordre de 20 000 €. Beaucoup de Rotary clubs entreprennent des actions afin de participer à l’achat d’un compagnon qui pourra assister une personne pendant 10 ans environ. Certains clubs parviennent à offrir entièrement un animal grâce à un grand déploiement de moyens, à l’instar du Rotary club Roanne ; Nouméa, chien guide, est remis à une personne déficiente visuelle roannaise grâce à la mobilisation des Rotariens lors d’un Salon du vin, au recours au mécénat et au produit d’autres manifestations plus modestes. La remise de l’animal a lieu lors d’une cérémonie à l’hôtel de ville, rythmée par des témoignages de maître-chien guides et de la personne bénéficiaire. Un geste unanimement salué par la presse et les concitoyens.

 

Ces multiples actions contribuent à limiter le fossé entre les personnes déficientes visuelles et les autres. Des actions de santé, professionnelles et souvent internationales, qui sont tout à fait dans l’esprit du Rotary International.

 

 

 

5 % de l’humanité concernée

 

314 millions de personnes dans le monde présentent une forte déficience visuelle. 45 millions d’entre elles sont aveugles et 246 millions montrent une baisse continue de l’acuité visuelle.

 

 

La formation d’un chien guide d’aveugle

 

1ere étape

L’animal est sevré quand il arrive au centre spécialisé ; il se socialise vite aux autres congénères et aux hommes qui prennent soin de lui.

2e phase

Lorsque le chien a 3 mois et demi, il est confié à une famille d’accueil bénévole qui lui apprend les bases de l’éducation canine. Cette famille est assistée par un éducateur canin.

3e phase

À l’âge d’un an, il retourne en centre où il est confié à un éducateur qui le forme pendant 6 mois. Si la formation s’est bien passée, le chien est apte à être confié à un malvoyant.

 

TEXTE DE CHRISTOPHE COURJON